Perspectives

Perspectives

Les articles ci-dessous visent à mettre en lumière un aspect du Chemin, que ce soit autour du concept de l’enfant intérieur, des intensifs d'éveil ou tout autre sujet d’intérêt pour celui qui est en chemin.
Ils sont listés chronologiquement.
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Seule la Vérité Libère

Un des avantages notoire à la participation à un intensif de longue durée est que certaines croyances ou idées préconçues que nous véhiculons sont secouées dans leur fondement et peuvent même être déracinées pour de bon. En ce qui concerne la Vérité, la question avec lequel l'on travaille importe peu, ce qui importe vraiment est de garder le cap proposé par la technique jour après jour.

Avant de participer à cet intensif de deux semaines, j'avais cette conviction que lorsque je ferai l'expérience de la ‘vérité ultime’, cette expérience même me délivrerai, me libérerai de tous les conditionnements mentaux. Mais il me fallait d'abord parvenir à ce stade ‘d'être la vérité’.
Il y a quelques années de cela, au court d'un intensif de trois jours, je me suis éprouvé comme ‘étant la vérité’ ; cette expérience ne m'a pas libéré pour autant. Tout au plus m'a-t-elle donné cette confiance et la certitude que ce que je suis est la vérité, de même que la capacité de reconnaître cela en moi et chez les autres lorsque cette vérité est manifestée. J'ai compris que la vérité émerge chez une personne lorsqu'il y a adéquation entre ce qui est et ce qui est exprimé. En d'autres termes, lorsque l'on est ce que l'on exprime.
Pourtant, j'étais toujours dans la croyance qu'il me fallait d'abord faire l'expérience de la vérité dans son sens ultime pour être libéré.
Eh bien, cette forme pensée, s'est révélée être une ‘authentique’ idée préconçue…

Tandis que je cheminais dans cet intensif, exprimant chaque vérité du moment alors que qu'elle se présentait à ma conscience en résultat de mon intention d'avoir une expérience directe de ‘qui je suis’ puisque je travaillais avec la question ‘Qui suis-je ?’,  j'ai eu brusquement conscience de cette énonciation : ‘La Vérité Libère’ et dans le même temps j'ai réalisé que je me libérais au fur et à mesure que la vérité était dite, instant après instant, petite vérité après petite vérité.
Dans cet éclair de compréhension, tout a basculé, un éclat de rire a fusé ; je prenais conscience de l'erreur commise. J'avais tourné la vérité en un objet, un but, un objectif qui devait être atteint avant qu'une libération puisse se faire.
Cette prise de conscience s'est avérée être un soulagement de deux façons : il n'y a aucune ‘vérité’ à l'extérieur qu'il faille atteindre en tant que condition préalable à une libération et qu'en réalité je me libérais ici et maintenant, d'instant en instant du fait même que j'exprimais la vérité de ce que j'étais dans l'instant.
Dans un éclat de rire je me suis rendu compte que j'étais l'artisan de ma propre libération.
Quelle joie et quel soulagement cette prise de conscience a été ! Cette compréhension a certainement renforcée, outre la force nécessaire pour dégager des couches plus profondes de ma psyché, une confiance en moi, la confiance que tout est juste et parfait tel que c'est.
Elle m'a également permis de comprendre plus clairement ce qui est signifié par ‘regarder le chemin plutôt que le but’ ou ‘la voie est le but’.

Gratitude & Namaste à tous
Rakendra

La Maison d'Hôte_Rumi

Cet être humain est une maison d'hôte.
Chaque matin une nouvelle arrivée.
Une joie, une dépression, une avarice, une vigilance momentanée se présente,
tel un visiteur inattendu.

Accueillez-les et les divertissez-les tous !
Même si ce sont une cohorte de douleurs, qui balayent violemment votre maison et la vide de ses meubles, traitez toujours chaque invité honorablement.
Il vous élaguera peut être pour un nouveau contentement.

La sombre pensée, la honte, la méchanceté,
rencontrez-les à la porte en riant,
et invitez-les à entrer.
Soyez reconnaissant pour celui qui vient, car chacun a été envoyé comme guide venu de l'au-delà.

Rumi, extrait de : La religion de l'amour, textes présentés par Leïli Anvar

Dr Arthur Janor_Le Nouveau Cri Primal


Le Nouveau Cri Primal
Dr Arthur Janov, extrait de : Le Nouveau cri primal

Le refoulement produit deux « moi » en guerre l’un contre l’autre : le moi réel avec tout son fardeau de besoins et de douleurs, et le moi factice qui a pour fonction d’empêcher le véritable moi de se montrer, et dont le rôle est d’assurer le fonctionnement du corps malgré la tempête qui fait rage par-dessous. Et le moi factice y parviendra d’autant mieux qu’il ignorera sa propre histoire. C’est pourquoi les névrosés sont des êtres floués de leur histoire ; leur passé leur a été confisqué par la souffrance. Le moi factice va chercher ensuite l’assouvissement des besoins par des moyens symboliques. D’anciennes souffrances refoulées sont ensuite extériorisées dans des comportements irréels et purement symboliques.

Le revécu des souffrances précoces permet, en atténuant le refoulement, de recouvrer la capacité de ressentir. Et de refaire l’unité du moi divisé. Pourquoi est-il si important d’expérimenter ses sentiments ? d’une part cela fait cesser les symptômes pathologiques, mais cela met également un terme à la quête d’un assouvissement symbolique. Lorsque le moi véritable a émergé, on n’a plus à se chercher. C’est au cœur de la souffrance qu’on découvre le moi réel. Le problème de notre époque, c’est le mal-ressentir (au sens de ressentir le contenu sensoriel et émotionnel de son vécu).

Pourquoi le névrosé travaille et s’active t-il tant ? c’est pour empêcher son passé de refaire surface dans le présent. Pour être en bonne santé, il faut se plonger dans son histoire au lieu de la fuir, remonter à la source des problèmes au lieu de passer sa vie à leur chercher des palliatifs.

1ère Partie : Pourquoi tombe t-on malade ?

♦ Les besoins fondamentaux de l’être humain :

L’enfant va vite apprendre à renoncer à l’amour physique au profit de l’approbation de ses parents. Il va apprendre qu’il ne peut pas recevoir de l’amour quand il le voudrait, mais seulement quand ses parents auront décidé de lui en dispenser. L’absence d’amour est le principal facteur de développement de la névrose. Ressentir, c’est retourner en arrière et sentir les besoins du tout-petit et de l’enfant qu’on a été. Sentir l’envie douloureuse d’être pris dans les bras d’un de ses parents, comme si on y était. Ressentir la frustration due à la souffrance initiale.

On ne guérit pas d’une piètre opinion de soi en essayant de se prouver sa propre valeur ou en agissant de manière à flatter son ego. Au contraire, le traitement consiste à s’autoriser à ressentir ce sentiment de n’avoir pas été désiré ou voulu. Ce qui permettra de s’apercevoir que la carence d’amour n’était pas due à quelque tare inhérente à soi-même mais qu’elle venait d’une incapacité des parents à aimer. Mais une telle prise de conscience n’est possible que lorsqu’on cesse de lutter contre son besoin d’être constamment rassuré, et qu’on ressent à fond le manque d’amour dont on souffre.

♦ La souffrance primale : le grand secret occulté :

Le refoulement chez l’enfant est une réponse automatique à la souffrance occasionnée par la frustration du besoin affectif. La souffrance primale, c’est une souffrance tellement forte qu’on ne la sent plus, et qu’elle peut donc continuer indéfiniment. Les souffrances précoces sont les plus catastrophiques dans la mesure où elles constituent une menace pour la survie de l’individu. Ainsi le fait d’avoir frôlé la mort à la naissance ou le désespoir du tout-petit qui sent qu’il ne sera jamais aimé. L’organisme n’est pas fait pour tolérer des souffrances d’une telle intensité. Le degré de refoulement dépendra du niveau d’intensité de la souffrance. Quand un membre gèle, au début, on a mal. Et puis quand la douleur devient trop forte, on s’engourdit et on ne sent plus rien. Mais quand la chair « dégèle », la sensibilité revient et on recommence à avoir mal. C’est pareil avec les blessures émotionnelles. La souffrance affective est refoulée et oubliée. Il s’ensuit un engourdissement des émotions, une incapacité à ressentir. Mais lorsque plus tard, on se remémore cette souffrance, on recommence à avoir mal.

Comment se peut-il qu’une souffrance aussi colossale puisse rester comprimée à l’intérieur de notre corps sans qu’on s’en rende compte ? c’est au refoulement qu’on doit un tel prodige. En effet il diffuse l’énergie de la souffrance qui se retrouve alors dans l’hypertension artérielle, dans une sexualité compulsive, dans l’asthme et dans la colite, dans les pensées vagabondes et dans les maux de tête. Ainsi les patients souffrant d’hypertension voient leur tension baisser de 2,4 points en moyenne après avoir suivi une thérapie primale.

La souffrance affective est-elle un sentiment ? non, c’est plutôt ce qui arrive aux sentiments lorsqu’ils ne peuvent pas suivre leur cours naturel. Et c’est pourquoi on peut mettre un terme à la souffrance en ressentant ses sentiments. Le mécanisme de la souffrance emprunte des trajets nerveux de formation récente. Il s’agit d’un mécanisme qui nous indique ce qui nous fait mal, mais aussi, assez souvent aussi, pourquoi on a mal. Se sentir déprimé et désespéré, c’est souffrir. Ressentir une absence totale d’espoir due au fait qu’on a jamais été aimé par sa mère, c’est éprouver un sentiment « connecté ». la connexion dissout la souffrance, l’absence de connexion l’entretient. Dans notre enfance, le système limbique a absorbé les affronts, les uns après les autres, et la souffrance s’est accumulée au point que nous sommes devenus vulnérables au moindre petit stimulus. C’est ainsi qu’une simple frustration peut suffire à nous mettre dans des rages folles.

Il est possible d’émousser la souffrance primale, de la rediriger et de la détourner, mais pas de l’effacer. Toute marque gravée dans le système est indélébile. Quand on s’est senti mal aimé dans sa petite enfance, c’est un sentiment qui ne vous quittera plus jamais. Il va rester aussi fort qu’à l’origine, quelle que soit la qualité du vécu qu’on aura par la suite et même si on jouit de l’adoration de centaines de gens. Le stress du bébé peut être le fait d’un traumatisme affectif. Un patient qui revit une expérience d’étouffement et de suffocation due à un manque d’oxygène à la naissance ne joue pas la comédie. C’est la mémoire limbique qui est à l’œuvre. Il est clair que le nourrisson perçoit ses expériences et qu’elles ont un très fort impact sur lui. La fenêtre sensorielle du nouveau-né est large ouverte et elle le rend plus sensible qu’il ne le sera jamais par la suite. Il ressent « plus » parcequ’il n’a pas encore de cortex pleinement développé ou de cerveau pensant pour diluer ses expériences. L’idée d’une mémoire occulte de la souffrance est difficile à accepter, d’abord parce qu’il n’est guère agréable de se rappeler ce qui fait mal, et ensuite parce qu’elle est cachée. Janov parle de « souffrance primale » : c’est comme la force de gravité : une influence qui se fait sentir en permanence mais dont on est totalement inconscient. La souffrance primale est le grand secret occulté de notre époque.

♦ Le refoulement : les verrous du cerveau et la perte de la sensibilité

Le principal mécanisme du refoulement de la souffrance s’appelle le « verrouillage ». le verrouillage est un processus qui bloque la perception de la souffrance et non la souffrance elle-même, en empêchant la masse d’impulsions électriques qui constituent la douleur d’atteindre les zones supérieures du cerveau. Par un heureux hasard – mais lourd de conséquences – le sentiment de grande souffrance ressenti précocément dans la vie se transforme en son contraire : une absence de sensibilité. Le verrouillage de la souffrance affective fonctionne dans deux cas de figure : lorsque l’intensité de la douleur dépasse un certain seuil ou lorsque ce même seuil est atteint par effet cumulatif. Toute souffrance qui dépasse le seuil de tolérance déclenche un mécanisme antidouleur intégré, qui veille à ce que nous ne souffrions pas démesurément. Les traumatismes graves subis précocément noient le système cérébral sous un flot d’impulsions électriques qui le font disjoncter. Lorsque le traumatisme est suffisamment fort, comme dans l’inceste, les verrous se ferment. Mais en se refermant pour exclure la douleur, les verrous du cerveau évacuent également notre histoire. Nous ne nous souvenons plus du traumatisme, ou des besoins et des sentiments qui l’accompagnaient. Nous sommes floués du souvenir dont, précisément, nous aurions besoin pour guérir des effets de ces traumatismes du passé. On ne refoule jamais impunément. Il y a toujours un prix à payer. La force avec laquelle s’applique le verrouillage ou le refoulement est proportionnelle à celle de la douleur. Une énorme souffrance subie pendant la naissance entraînera l’investissement d’une très grande quantité d’énergie par la suite pour continuer à occulter une telle souffrance, et ce de manière continuelle, car l’empreinte du traumatisme sera indélébile. Le système de verrouillage est ce qui nous permet de sentir d’une manière tout en agissant d’une autre. Un système sans lequel on ne pourrait pas vivre car on souffrirait le martyre à chaque instant. C’est ce verrouillage qui permet qu’une patiente vienne nous voir en se plaignant de migraines, tout en nous assurant qu’elle a eu une enfance heureuse, pour s’apercevoir un an et une centaine de primals plus tard qu’il n’en était rien. Ainsi chaque souffrance possède son propre mécanisme d’inversion : le refoulement qui est un camouflage émotionnel. Les verrous préservent notre réalité intérieure dans sa forme la plus pure. Ce sont des pare-chocs qui protègent nos sentiments ; ils sont donc censés nous vouloir du bien. Mais celui qui s’est protégé à coups de verrous très forts, qui a refoulé beaucoup de choses, risque de souffrir de maladies du système auto-immunitaire, comme l’arthrite par ex., dans laquelle la personne réelle est attaquée dans ses cellules et ses tisus, assaillie comme si elle n’était qu’un vulgaire corps étranger. On est devenu allergique à soi-même ! le système de verrouillage fonctionne bien chez les patients qui ne sentent rien et qui se plaignent que la vie ne leur apporte pas grand-chose.

Rien n’active le cerveau – et son système de verrouillage – autant que la souffrance. Il y a fondamentalement un seul mode de défense – le refoulement – qui produit une multitude de symptomes. Les processus du refoulement sont tels qu’ils repoussent toute souffrance quelle que soit son origine. Cependant le plus souvent, le refoulement est partiel, présentant des fuites qui laissent remonter le sentiment vers la conscience. Le sujet aura alors tendance à colmater ces fuites à l’aide de défenses secondaires qui correspondent à ce que les freudiens appellent les mécanismes de défense primaires : déni, projection, formations réactionnelles … les défenses secondaires ont pour fonction de prendre le relais du refoulement quand celui-ci faiblit. Nous avons donc un système de défense unique, le refoulement, accompagné de défenses secondaires qui correspondent aux moyens que chacun de nous s’invente pour éviter de souffrir et pour satisfaire ses besoins inassouvis, tout en bridant ou en évacuant l’énergie associée au sentiment. La névrose correspond en réalité à une tentative de dépassement de la souffrance et à la recherche de moyens de se procurer quelque chose qui ressemble à de l’amour. Ce n’est pas parce que nous cachons notre souffrance qu’elle n’existe pas ; quel paradoxe que d’éluder ainsi constamment la seule chose susceptible de nous libérer ! la souffrance est une bénédiction car, une fois ressentie, elle déclenche les forces de la guérison.

Les endorphines sont les clés et les serrures du système de verrouillage de la souffrance. C’est grâce à elles que nous ne nous rendons pas compte que nous souffrons. Ce qui est intéressant avec le refoulement, c’est que c’est lui qui fixe les limites de la sensibilité. Tout le monde se croit « sensible » jusqu’à un certain point, jusqu’aux bornes fixées par le refoulement. Il faut qu’un grand pan du refoulement se soit écroulé pour qu’on s’aperçoive qu’on ne ressentait pas pleinement tout ce qui était en soi. Il faut avoir ressenti toute sa souffrance pour que l’échelle de la sensibilité se révèle dans toute son étendue. Sans le refoulement, il est probable que la plupart des êtres humains auraient trop souffert pour que la civilisation ait pu progresser. Le refoulement nous permet de continuer à travailler et à produire même lorsqu’on souffre terriblement. La souffrance active augmente les chances de survie tandis que le refoulement les diminue. Souffrance + refoulement = maladie. Souffrance + douleur = survie. Contrairement aux idées reçues, le fait d’éprouver sa souffrance va dans le sens de l’adaptation à long terme. Ne pas la ressentir, c’est avoir un comportement anti-adaptatif, sauf chez l’enfant, chez qui c’est justement une conduite favorisant l’adaptation, et c’est avec le temps que l’effet s’inverse. Dialectique implacable : ce qui nous a sauvé la vie au départ – le refoulement – est aussi ce qui finira par avoir notre peau.

♦ Niveaux de conscience et nature de l’esprit

La souffrance engrammée et son souvenir en première ligne sont les moins accessibles. Aucun langage ne pourra en faciliter la compréhension. Au contraire, cela ne fera que compliquer le problème. C’est la souffrance verrouillée et refoulée qui est à la base de la mauvaise communication entre les niveaux de conscience. C’est elle qui est responsable de l’espèce de fragmentation et de disjonction qui se produit. Les fonctions des différents niveaux de conscience ne sont pas interchangeables. Toute la compréhension intellectuelle du monde ne pourra rien changer au souvenir engrammé d’un accouchement par le siège. Chaque niveau de conscience ayant sa mémoire propre, on ne peut essayer de se rappeler un sentiment. Il faut le ressentir selon le mode qui lui est spécifique. C’est la conscience – le fait d’avoir revécu des événements précoces bouleversants – qui modifie le mode de fonctionnement du cerveau. Ce n’est pas en comprenant vos rêves que l’on peut changer sa vie. Inutile de s’imaginer qu’on peut changer en « comprenant » ses sentiments. Car la seule chose qui importe, c’est de les ressentir.

♦ Comment se forme l’empreinte des expériences précoces

La nature du rapport entre le système limbique et le cortex explique qu’on puisse avoir une connaissance uniquement « cérébrale » de soi et de son comportement, et qu’on puisse même se rappeler son enfance dans le détail, tout en étant coupé des sentiments qui sont les « tripes » des souvenirs. Le souvenir cortical peut être détaillé et complexe bien que détaché de sa composante douloureuse – une souffrance presque indescriptible et qui n’a rien à voir avec quelques larmes. Le souvenir est « déconnecté ». si on ne rétablit pas la connexion entre la pensée et le souvenir affectif, la composante douloureuse et pénible du souvenir va rester sous la forme d’une énergie verrouillée circulant dans le système. La thérapie primale permet de rappeler à petites doses cette composante douloureuse et de l’intégrer à la personnalité jusqu’à ce qu’il ne reste que peu d’inconscient. Car l’inconscient n’est en grande partie que de la souffrance qui n’a pas été intégrée. Nos besoins et nos sentiments étant verrouillés avant d’arriver à la conscience, cela nous permet de les « déjouer » symboliquement, d’imaginer des dérivatifs qui n’ont plus de connexion directe avec ces sentiments. On agit alors de manière indirecte. On travaille dur ou on fait le malin dans l’espoir de se sentir aimé, pour ne pas se laisser aller à désespérer de jamais être aimé. Pour le névrosé, être irréel c’est survivre. Il lui faut de l’espoir, aussi irréel soit-il. Tant qu’on sera habité par le sentiment qu’il n’y a rien à espérer, l’espoir continuera à jaillir, mais c’est quand même la désespérance qui façonnera notre vision du monde. Celui qui fait figure de perpétuel optimiste n’a peut-être pas le choix, sinon il risquerait de sombrer dans des abîmes de pessimisme et de désespoir. Il arrive que l’optimisme, qui passe pour une qualité, ne soit qu’une bonne défense qui nous empêche de voir la futilité d’un programme, d’un projet ou d’un effort donnés.

Le souvenir ancien cherche toujours à s’affirmer dans sa forme exacte, avec ses composantes physiologiques particulières. Ainsi certains sujets sont-ils sujets à de fréquentes crises d’hyperventilation inexplicables, parce que leur souvenir précoce de suffocation est toujours présent et qu’il est en train de remonter vers la conscience. Le souvenir ancien cherche toujours à s’affirmer dans sa forme exacte, avec ses composantes physiologiques particulières : ainsi celui qui a été privé d’amour au début de sa vie et dont le système continue à souffrir d’un manque d’amour à l’âge adulte, même s’il en reçoit beaucoup. Parce qu’il n’arrive pas à le ressentir ou à l’accepter. L’empreinte du souvenir annule la possibilité de trouver une satisfaction extérieure, parce que ce n’est pas d’une satisfaction d’adulte que le corps a besoin. Comme le système a besoin d’assouvissement mais qu’il le nie, c’est par le biais du déjouement qu’on va tendre à la satisfaction. Le corps sait bien que la guérison ne pourra se faire que dans le contexte original de la blessure et il s’efforce constamment de le reproduire. Pour guérir, il faut soigner ses plaies là où elles se trouvent ; si c’est à un niveau de conscience inférieur qu’on a subi des chocs précoces, il n’y a qu’à ce niveau-là que la guérison pourra se faire.

Si la psychologie pouvait comprendre et accepter l’idée que la guérison ne peut se faire que dans le contexte originel de la maladie … dans l’ensemble, le névrosé aura tendance à reproduire son environnement intérieur et ses réactions à l’événement qui l’a blessé initialement. Même lorsqu’on se rend compte de la présence d’une souffrance en soi, il est presque impossible d’en comprendre l’origine car le refoulement ne le permet pas. Le refoulement a pour fonction de nous maintenir en partie inconscients et de nous empêcher de guérir. Le système humain vit dans le passé, littéralement, et ce de toutes les façons possibles. C’est pourquoi le souvenir du passé prend le pas sur la réalité actuelle ; on réagit en premier lieu au souvenir, venu de l’intérieur, et seulement ensuite à la réalité, extérieure à soi.

Pour celui qui a été critiqué sans merci dans son enfance, une seule parole de critique peut suffire à produire un effet désastreux, même si elle s’accompagne d’une profusion de louanges. Parce que cette critique a ressuscité un ancien sentiment : celui de n’avoir aucune valeur. On ignore les compliments puisque l’unique critique est entrée en résonance avec le passé. Plus on a un passé douloureux, et plus on risque d’être facilement contrarié. Celui qui a beaucoup de colère en lui, par ex., sera constamment irritable, et le moindre obstacle suffira à déclencher son irritation de vieille date. Plus on souffre et plus la souffrance prend de la place dans le cerveau. Toutes les expériences présentes vont désormais passer par le filtre des empreintes, et les événements les plus neutres prendront une coloration douloureuse. Les événements les plus critiques sont généralement ceux qui surviennent durant la gestation, ainsi que pendant la naissance et directement après. La terrible solitude qu’un bébé peut éprouver après la naissance peut produire chez lui une hantise de la solitude et un besoin d’avoir constamment de la compagnie pour le restant de ses jours. Le seul moyen de libérer le système de l’empreinte et de son influence, c’est de regarder l’empreinte en face, au niveau de conscience auquel elle s’est gravée. Lorsqu’elle est ressentie consciemment, son énergie bioélectrique est enfin libérée et connectée à la conscience. L’empreinte rejoint alors les rangs des simples souvenirs. L’empreinte est la principale réalité qui se cache derrière de nombreuses maladies.

♦ Le comportement du névrosé : le déjouement symbolique

Le névrosé vit le présent comme si c’était le passé. Son comportement est une tentative de résolution symbolique de ses besoins et de ses traumatismes passés. Le « déjouement symbolique » signifie agir dans le présent tout en étant mû par la force d’un ancien besoin inconscient. Le moi irréel poursuit toutes sortes de projets fumeux et d’abstractions car il doit rester dans le flou pour ne pas ressentir la souffrance. Un adulte coupé de la perception de ses propres besoins ne sera pas capable de satisfaire ceux de son enfant. Pour l’adulte qui n’a pas pu satisfaire ses besoins d’enfant, le monde devient un substitut de ses parents et de ce qu’ils auraient dû faire pour lui. Prenons l’exemple d’un homme timide ; ce n’est pas normal d’être timide. Cet homme a toujours tout intériorisé car il s’est rendu compte très tôt qu’il ne pouvait pas parler de lui à ses parents, trop occupés à satisfaire leurs propres besoins. Cet homme se marie mais va rapidement connaître des problèmes conjugaux ; cet homme peut changer, mais pas du fait des autres qui le feraient « sortir de sa coquille » ; il changera s’il arrive à ressentir son besoin initial : le besoin de voir ses parents s’intéresser à lui. Or ressentir un tel besoin c’est connaître le désespoir. Et le désespoir est la clé du changement. En s’autorisant à ressentir son besoin d’être apprécié par les autres, cet homme-là  redécouvrira en effet le peu de cas que ses parents faisaient de lui. Alors qu’en gardant tout en lui, il maintenait la souffrance à distance. Le déjouement cache presque toujours une désespérance.

Le transfert freudien n’est qu’une forme de déjouement symbolique dans lequel d’anciens sentiments portés aux parents se reportent sur le thérapeute. Cela ne sert à rien d’analyser ce transfert et de comprendre le déjouement qui s’effectue vis-à-vis du thérapeute ; mieux vaut en ressentir la source, après quoi le symbole disparaîtra de lui-même.

♦ Le traumatisme de la naissance : marqués à vie par les séquelles de la naissance

Le névrosé est un être altéré, non seulement dans son corps mais aussi dans son cerveau. Tout traitement de la névrose doit tenir compte de ces modifications cérébrales. L’amour, la bienveillance et la tolérance ne suffisent pas, en psychothérapie. Ce n’est pas avec de l’amour qu’on arrive à se débarrasser de la névrose. Le souvenir n’est pas seulement quelquechose qui appartient à l’intellect. C’est chaque cellule de notre corps qui mémorise des souvenirs. C’est pourquoi il ne faut jamais négliger les traumatismes natals ou prénatals lorsqu’on étudie la fonction immunitaire ou les maladies chroniques graves. Le fœtus : 9 mois d’existence d’une importance cruciale, au cours desquels tout événement laisse sa marque indélébile ; 9 mois au cours desquels s’installe le substrat de la névrose. Les distorsions du fœtus produites par les traumatismes maternels ont tendance à se fixer, devenant des déformations prototypiques. La notion de « comportement prototypique » signifie qu’un traumatisme donné, engrammé dans le cerveau en développement d’un individu, et dans sa physiologie, va engendrer un type de réaction à la souffrance qui restera à jamais gravé sous forme de tendance ou de schéma. Le « comportement prototypique » est la mémoire des débuts de la névrose. Toute la superstructure de la personnalité repose en effet sur un prototype ; c’est lui qui détermine la personnalité et non l’inverse. A savoir qu’on aura beau modifier son attitude, ses symptômes ou son comportement, ça ne changera jamais rien au prototype. Car il s’agit d’une donnée physiologique et non d’une construction théorique.

2ème Partie : Les Formes de la Névrose

♦ Le stress, l’angoisse et la tension : symptômes de la maladie

Il existe un aspect du stress qui est rarement évoqué et assez mal compris ; il s’agit du stress primaire intérieur, présent en permanence dans le système, le stress que produit durablement la souffrance engrammée. L’empreinte de la souffrance peut suffire à maintenir le corps en état d’alerte, même en l’absence de toute menace extérieure. Le stress engrammé est la forme la plus insidieuse du stress parce qu’il est intangible. Il ne se voit et ne se sent pas. Il vit en nous, bien tranquillement, et nous ronge insidieusement.

L’angoisse est un signal de danger. Elle n’est donc pas névrotique en soi. Ce n’est qu’une peur justifiée mariée à un souvenir. En fait, l’angoisse est le contraire de la névrose car c’est un sentiment : la terreur qu’on ressent est réelle, même si elle est hors contexte. C’est pourquoi le fait de replacer l’angoisse dans son contexte initial permet de la résoudre. L’anxieux n’a pas besoin qu’on lui ouvre les yeux sur sa peur, elle fait déjà irruption dans sa conscience à tout bout de champ.

Croire qu’il suffit de « lâcher le morceau » pour s’affranchir d’un inceste ou de tout autre problème qui vous dérange, c’est supposer que la personne concernée sait ce qui est enfoui au plus profond d’elle-même. Or ce n’est pas par un effort conscient de notre part que les souffrances les plus critiques se révèlent, mais à la faveur du revécu d’anciennes expériences, en redescendant à des niveaux de conscience inférieurs dont on avait jusque là totalement ignoré l’existence.

La meilleure chose qui puisse arriver à un adulte, en dehors de l’élimination de la souffrance, c’est d’essayer de satisfaire les besoins éprouvés dans son enfance, et de fréquenter un « groupe de soutien » composé d’individus compréhensifs et tolérants, une sorte de famille de substitution qui va lui permettre d’adopter de nouvelles croyances, un nouveau système de valeurs. Ces croyances doivent s’opposer à la souffrance inconsciente qui nous conduit à penser qu’on est tout seul, que personne ne nous aime, qu’on n’a jamais eu et qu’on n’a toujours personne pour vous aider et vous guider.

L’individu tendu est « coincé » ; entièrement replié sur lui-même, il se maîtrise trop. L’anxieux est beaucoup plus vulnérable et dépendant, dans la mesure où l’empreinte génératrice de son angoisse date du tout début de la vie. Il existe un antidote simple à l’angoisse : ressentir la souffrance et la terreur qu’on a éprouvées au début de sa vie. Rappelons nous que le souvenir qu’on affronte dans l’angoisse est un souvenir de survie, ce qui explique pourquoi il est si durable, et pourquoi il doit le demeurer. C’est la mémoire d’un danger que nous trimbalons avec nous, presque à chaque instant de notre vie d’adultes. En même temps, malheureusement, ce réflexe qui nous avait sauvé la vie est aussi ce qui la met en danger, maintenant.

♦ Le désespoir malin : le refoulement et le système immunitaire

Le refoulement est un processus actif et gros consommateur d’énergie. Il ne s’arrête jamais parce que la souffrance non plus ne cesse jamais. C’est le refoulement qui a mené notre espèce là où elle en est aujourd’hui. L’age n’existe pas pour le refoulement. Il ne sait pas qu’il vieillit et que l’individu qu’il protège est devenu adulte et a suffisamment de maturité pour assumer ses souffrances. Le refoulement vit dans le passé, il fonctionne comme si la personne était toujours un bébé qu’il fallait protéger à tout prix. Et effectivement il protège notre moi infantile.

Qui dit connexion dit grande souffrance, naturellement, mais suivie de la guérison. La voie de la guérison passe par la souffrance et tout le monde ne veut ou ne peut en passer par là. Il peut être utile d’exprimer sa rage en thérapie, mais encore faut-il le faire dans le contexte propre à cette rage, en tenant compte de l’empreinte sinon ça n’aura pas d’effet curatif. Le refoulement a pour effet de diviser la personne en deux littéralement. Malheureusement ceux qui sont chargés de soigner les patients entretiennent ce clivage et le traitent comme un état de chose normal. Les humains souvent sont désespérés et tombent malades mais ils ne voient souvent pas le rapport. Ils sont le plus souvent inconscients de leur désespoir. Lorsque le traumatisme initial est insurmontable, le désespoir s’inscrit dans le système humain et y grave une empreinte. Il arrive parfois que l’enfant garde le souvenir d’une scène qui cristallise tout son désespoir, mais en général, tout cela est refoulé. Au niveau le plus superficiel, l’enfant n’est pas conscient de son désespoir et n’ose pas dire qu’il est désespéré, il ne se l’avoue pas à lui-même. Mais à un autre niveau, ce désespoir est bien là, sans paroles, et il va poursuivre son œuvre maléfique jusqu’à ce que, plusieurs dizaines d’années plus tard, peut-être, apparaisse une malignité ou une maladie mentale grave. Et c’est là tout le problème : la distance qui sépare l’empreinte initiale de la maladie qui en découle est si grande qu’il est presqu’impossible de faire le rapport entre les deux.

Les caresses et les contacts physiques affectueux améliorent la fonction immunitaire des animaux et des humains, c’est hors de doute. D’après certaines études, les cancéreux seraient en général des gens assez froids et rigides, avec de très gros besoins d’affection qu’ils tendent à dissimuler. Ces malades ont souvent eu des parents renfrognés, sévères et avares d’affection. Il est important de comprendre le rapport entre les états psychologiques et le système immunitaire. Se contenter de dire que le cancer peut venir d’une défaillance des cellules tueuses, c’est négliger un aspect capital du problème, à savoir que cette baisse d’activité reflète le refoulement précoce d’une souffrance importante. L’individu le plus prédisposé au cancer est celui qui a subi une naissance traumatique, généralement avec prédominance du mode parasympathique, suivie d’un profond refoulement, et aggravée par une enfance sans amour. On est un candidat tout désigné à la maladie quand on est fortement refoulé, qu’on intériorise tout, qu’on ne se ménage aucune alternative dans sa façon d’agir, et qu’on a des idées bien arrêtées et des valeurs morales rigides. Le refoulement est cancérigène, c’est clair. Mais ce n’est pas la solitude qu’on éprouve à 30 ou 40 ans, quand un être aimé vous manque, qui fait le plus de ravages ; c’est l’épouvantable solitude dont on souffre aux premières heures de la vie et qui grave son empreinte en nous.

La pensée positive prétend que l’on peut décider d’avoir des émotions positives ou négatives. Mais l’auteur ne croit pas qu’on puisse mobiliser dans le présent une force suffisamment puissante pour neutraliser notre histoire passée. Les symptomes sont l’inévitable résultat d’un conflit intérieur. Toutes les méthodes qui se contentent de manipuler le présent négligent les années d’expériences négatives qui ont contribué à engendrer la maladie. Des symptomes comme l’angoisse, la phobie, les obsessions, l’hypertension … sont des sonnettes d’alarme. Elles nous signalent qu’il y a des problèmes à régler, en rapport avec des besoins inassouvis et des blessures secrètes. Le stress, le désespoir, la solitude ne sont pas toujours visibles pour un observateur extérieur. Certains vivent dans une inconscience si totale qu’ils dissimulent de tels sentiments. Tout le monde est stressé, et pourtant le stress est comme un grand secret inavouable. On a beau crouler sous le fardeau du stress, on ne voit rien. Avant de venir nous voir, nos patients sont souvent déjà allés consulter des quantités de spécialistes pour toutes sortes de maladies. Chaque médecin s’est borné à traiter un de leurs symptomes comme s’il s’agissait d’une maladie spécifique, et tous sont passés à côté de la cause sous-jacente du problème, qui était le même pour tous les troubles. En réalité, ils couraient tous après l’empreinte.

♦ La maladie est un cri silencieux

Pourquoi tombons nous malades ? parce que nous le sommes déjà sans le savoir. Pour compliquer l’affaire, non seulement le sujet ne se rend pas compte qu’il en est atteint, mais confronté à l’éventualité de l’être, il la niera farouchement. Une fois la névrose installée, c’est juste une affaire de temps pour que ses symptomes apparaissent, qu’ils soient physiques ou mentaux. Mieux la maladie est dissimulée, et plus elle fait des ravages. Ce sont les événements les plus mystérieux, comme ce qui se passe dans l’utérus ou autour de la naissance, qui font généralement le plus de dégâts, parce qu’ils frappent un cerveau naïf et vulnérable. C’est souvent ce type d’événement qui est responsable de nombreuses maladies désastreuses, comme le cancer, même si la distance qui sépare le cancer du traumatisme initial a de quoi défier l’entendement. Les choses qui nous font le plus souffrir sont aussi les plus difficiles à débusquer. La vérité sur notre mal cherche constamment à s’exprimer chez nous tous, mais elle se fait brutalement repousser par la lourde poigne du refoulement. Bien sûr que les symptomes ont leur réalité propre et qu’il convient de les soigner. Mais l’ennui est que les spécialistes ont savent de plus en plus sur les symptômes et de moins en moins sur les origines de ces symptômes, et sur les êtres humains chez qui ils se manifestent. Le médecin a un sacré handicap : il peut certes constater l’hypertension qu’il observe de ses propres yeux, mais ce qu’il ne peut pas voir, c’est le bébé de 6 mois qui pleure dans son berceau, tout seul, terrorisé, ou l’enfant de 5 ans excessivement brimé par des parents excessivement critiques et tyranniques. En admettant même que ces traumatismes précoces soient reconnus et compris, un spécialiste aurait du mal à saisir qu’ils aient pu rester dans le système pendant des décennies, entièrement inchangés.

Le névrosé vit en état de siège, en butte aux attaques d’un souvenir douloureux qui lui est étranger, mais qui essaie de s’insinuer dans sa conscience. Le névrosé passe tout son temps à essayer de rester inconscient, même s’il s’efforce par ailleurs d’étendre le champ de ses connaissances. C’est souvent parmi les gens les plus cultivés qu’on trouve les plus inconscients, car leurs vastes connaissances sont au service du refoulement. C’est pourquoi la conscience est le remède spécifique qui convient à une large gamme de maladies, l’inconscience étant le facteur essentiel de ces troubles. On prend du lithium comme si c’était une panacée pour la dépression, sans même se demander pourquoi on est déprimé. La réponse est enfouie si loin en nous que du reste, la plupart des gens préfèrent ne même pas se poser la question. C’est notre désespérance profonde et essentielle qui entretient la flamme d’un éternel espoir et nous force à croire en quelque chose, régime macrobiotique ou gourou.

La thérapie primale est un moyen de recouvrer ses sentiments. Si on a dû inventer des techniques pour remonter jusqu’à la racine des sentiments, c’est uniquement parce que les systèmes de défense de nos contemporains étaient devenus trop complexes. Le système de refoulement est un système auxiliaire qui prend les commandes lorsqu’on n’est plus capables de réagir de façon naturelle. Il est chargé de retenir nos sentiments naturels. Ainsi il n’y a pas que dans nos réactions que nous ne sommes pas naturel.

Pour en savoir plus, vous pouvez vous rendre sur le site du Primal Center

Qui suis-je ?

Je ne suis rien en fait. Je crois être, mon ego se dit le roi, l'empereur; il règne sur un royaume de nuages, d'inconsistances, d'illusions. Je ne suis rien et mon ego veut être quelque chose, quelqu'un, il veut exister.
Mais je sais que je ne suis rien, je sais que c'est l'existence qui est, qui me donne asile pour un temps, une vie. Je sais que je ne suis rien et qu'elle seule est.
Et ce 'savoir' m'enrichi, me met dans la joie. Je prends enfin ma place, j'ai retrouvé ma juste place, l'harmonie du monde est de nouveau là, je ne la dérange plus.
Ainsi prend fin plusieurs générations d'outrecuidance, de blasphème, de mensonge; l'humilité est de retour, que la fête commence !

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Sourate du vide


Désapprendre. Déconditionner sa naissance.
Oublier son nom. Être nu.

Dépouiller ses défroques. Dévêtir sa mémoire.
Démodeler ses masques.

Déchirer ses devoirs. Défaire ses certitudes.
Désengranger ses doutes. Désemparer son être.

Débaptiser sa source. Dérouter ses chemins.
Défeuiller ses désirs. Décharner ses passions.

Désacraliser les prophètes. Démonétiser l'avenir.
Déconcerter l'antan. Décourager le Temps.

Déjouer la déraison. Déflorer le délire. Défroquer le
sacré. Dégriser le vertige.

Défigurer Narcisse. Délivrer Galaad. Découronner
Moloch. Détrôner Léviathan.

Démystifier le sang. Désosser le singe. Déshériter
l'ancêtre.

Désencombrez votre âme. Déséchouez vos échecs.
Désenchantez le désespoir. Désenchaînez l'espoir.

Délivrez la folie. Désamorcez vos peurs.
Désarrimez vos cœurs. Désespérez la Mort.

Dénaturez l'inné. Désincrustez l'acquis. Désapprenez-vous.
Soyez nu.

Jacques Lacarrière

Rencontre avec une tasse de Thé

Pendant mon séjour à Taiwan j'ai eu ce désir d'en apprendre plus au sujet des différents thés, de leur cheminement de la cueillette à la tasse. Une amie m'a donc amené dans un "échoppe à thé" où j'ai pu poser mes questions et goûter différents thés. Nous dégustions, 'thés blancs', 'thés verts', 'thés pauvres' et des thé plus fermentés comme les 'Oolong' tout en apprenant comment ces thés prennent naissance ainsi que l'art de les servir.

Notre "maître de thé" nous montrait chaque thé, le préparait, nous le faisait humer puis nous le servait en nous donnant quelques indications sur sa provenance. Nous le savourions ensuite lentement ensemble. De fait, une expérience similaire à une dégustation de vin. Observer notre "maître de thé" oeuvrer était également une expérience en soi.
Les instruments qu'elle utilisait, les récipients, sa gestuelle, tout concourait à faire de cette expérience un moment de méditation.
Verser la bonne quantité de thé, refroidir l'eau dans un petit récipient en verre après qu'elle ait bouilli de sorte que le thé ne subisse pas de choc thermique, verser doucement cette eau légèrement refroidie sur le thé pour le réveiller, la jeter ensuite, verser une eau neuve pour que le thé puisse diffuser sa saveur. Sentir le couvercle de la théière de temps à autre pour vérifier le 'juste moment'. Tout un rituel donc avant qu'elle ne verse le thé dans de minuscules tasses, pour le regarder, le humer et le boire doucement.

Nous sommes ainsi passé des thés blancs aux thés verts puis aux thés fermentés, tel le Oolong jusqu'à ce qu'elle nous demande si nous aimerions goûter un thé de plus de 80 ans.
Un thé de 80 ans… ?
Je m'étonne, parlons-nous de thés ou de cognac ?
Bon d'accord, essayons…
La première gorgée avait un peu le 'goût du bois' et ne me plaisait pas trop en fait, peut être du fait de tous ces autres thés que nous avions bu avant cela, peut être aussi parce que c'était la 'première mouture'.

Notre 'maître de thé' nous prépare et verse une deuxième tasse, plus soutenue en couleurs, presque de l'ambre. Je prends un moment pour le humer, le regarder, puis commence à le boire doucement.
Soudain tous mes sens sont en alerte, quelque chose est en train de se passer ici. Une rencontre se produit, c'est comme si le thé me parlait, comme si le thé avait une âme. Ce n'est plus du thé, une boisson attrayante, c'est comme un ami qui vient me rendre visite, une communion s'opère.
Je ne bois pas le thé, le thé n'est pas bu non plus, il n'y a ni 'moi' ni 'thé', mais seulement une union, une unité.
Heureux moment, moment béni, moment divin, moment silencieux !
Tout que je peux articuler est : ‘ce thé a une âme’.
Ce thé a touché mon coeur, je me sens reconnaissant envers ce thé pour m'offrir une telle occasion, un si divin moment.

Quelle expérience cela a été !, la transcrire en mots n'est pas facile, surtout après quelques jours. N'importe quel thé ou boisson peut-il concourir à une telle expérience ? Cela dépend sans doute plus probablement de combien je suis ouvert à 'ce moment', 'cet instant ci'. Les thés précédents, l'ambiance, l'état de détente ont sans aucun doute ouverts la voie à cette expérience. Ce 'vieil ami' porte néanmoins en lui 'quelque chose' et c'aurait été dommage de passer à côté.
Namaste 'vieil ami', Je me prosterne devant toi 'vieil ami', saluant le Bouddha en toi.

En gratitude
Rakendra,
Taichung, Taiwan Septembre 2007

Voyage vers l'Est...

Un intensif s'achève, un autre est sur le point de commencer et je reste ébahi devant ce que ces intensifs m'apportent chacun à leur tour. Animer, ou plutôt conduire un Intensif reste toujours un peu un mystère – je ne sais jamais ce qu'il va se passer pour moi. 
Tout autant que pour les participants, c'est aussi pour moi une occasion de croître, de m'enraciner un peu plus dans cette présence qui est là, immobile, impalpable et pourtant si tangible.

~ Qu'est-ce que la vie? ~

« C'est la l'éclat d'une luciole dans la nuit
C'est le souffle du bison en hiver
C'est l'ombre qui court dans la prairie et se perd dans un coucher de soleil
» 

Poème Navajo

Quel sens à la vie ? Qu'est-ce que vivre ? Un engagement dans le 'monde', pour une cause, une idéologie, fut elle au service du 'bien', est-ce cela le sens de la vie ?
Lorsque je regarde ce qui anime notre monde d'aujourd'hui, les prises de position politiques, la guerre ici où là, les querelles à propos du Tibet, de la Palestine, la consommation effrénée de produits éphémères, toute cette agitation pour un 'mieux vivre', etc….
Est-ce cela le sens de la vie ?

Qui y t'il de réel dans tout cela ? N'est-ce pas tout simplement un indice de fièvre d'une tentative de survie d'un monde en proie à la peur de l'anéantissement ?
Qu'en est-il de nos états émotionnels, toujours fluctuants, sans cesse à la dérive ? Est-ce cela vivre ? 
Il me semble que si l'existence nous a donné, à nous humain, cette possibilité d'être conscient, c'est sans doute dans un but plus précis.
Nous sommes tous - minéraux, plantes, animaux, humains - issus du non-manifesté, de cette conscience universelle, de cette force de vie qui régie l'univers. Hier nous n'existions pas encore, aujourd'hui nous existons et demain nous ne seront plus. Un voyage du non-manifesté au non-manifesté en passant par le manifesté.
Je veux croire que ce voyage porte en lui-même son sens, celui du non-manifesté de devenir conscient de lui-même. De boucler la boucle de la conscience, être conscience. 
Seul l'homme laisse des traces, semble t-il indélébiles, sur son passage, n'a-t-il pas une autre mission, plus noble, plus existentielle que celle de spolier le sol sur lequel il se trouve ? 

En Partage
Rakendra
Juin 2007

Intensif d'Éveil_Les Questions

Dans la tradition du Zen, et plus particulièrement dans celle de l’école Rinzaï au Japon, des questions-rébus appelées ‘koans’ sont utilisées pour provoquer le pratiquant à trouver la vérité en lui-même. Un koan ne peut pas être résolu par une réponse logique, la réponse ne peut être qu'expérimentale et non mentale. Lorsque le mental est épuisé d'essayer et d'essayer de répondre et de comprendre, il lâche et vous êtes alors disponible pour éprouver la vérité existentielle de la réponse.

Pareillement, les intensifs d’éveil, utilisent les questions traditionnelles comme « Qui suis-je ? » ou « Que suis-je ? » pour pointer vers une expérience d’être. Des questions plus spécifiquement orientées comme : « Qu’est-ce que l’amour ? » sont également utilisées pour permettre l’expérience d’une qualité, d’un aspect de notre essence.
S’auto-interroger avec ces questions-koans permet également au participant de prendre conscience de ses croyances, de ses idées préconçues et de ses conditionnements en regards d’un aspect de lui-même. C’est lorsqu’il communique dans sa totalité ce dont il a pris conscience lors de son intention de faire l’expérience directe de sa question qu’une clarification s’opère, avec, dans son sillage, un lâcher prise.

Questions-Koans utilisées durant les intensifs de trois jours
Qui vit en toi ? → Dis-moi qui vit en toi
Qui suis-je ? → Dis-moi qui tu es
Que suis-je ? → Dis-moi ce que tu es
La Vie → Dis-moi ce qu’est la vie
Un Autre → Dis-moi ce qu’est un autre

Questions-Koans utilisées durant les intensifs plus longs
Les mêmes que ci-dessus plus :
La Relaxation → Dis-moi ce qu’est la relaxation
La Confiance → Dis-moi ce qu’est la confiance
La Sexualité → Dis-moi ce qu’est la sexualité
La Beauté → Dis-moi ce qu’est la beauté
L’Amour → Dis-moi ce qu’est l’amour
La Vérité → Dis-moi ce qu’est la vérité
La Liberté → Dis-moi ce qu’est la liberté
Seul → Dis-moi comment tu es lorsque tu es complètement seul
La Conscience → Dis-moi ce qu’est la conscience
Mῡ → Dis-moi ce qu’est mῡ
Vraie Nature → Dis-moi ta vraie nature

« Il s’agit seulement de se départir, pas ceci, pas cela et, lorsqu’il ne reste plus rien à lâcher, alors l’explosion. Ne t’accroche à rien, à aucune pensée. Continue, continue jusqu'au vide. »

♦ Une histoire Zen….
« J'ai entendu parler d'un enfant, Toyo et de ses méditations.
Il avait à peine douze ans lorsqu'il estima avoir besoin de quelque chose qui l'aiderait à méditer. Aussi, un soir, il alla voir le maître zen Mokurai. Il heurta doucement le gong pour annoncer sa venue et s'assit devant le maître, dans un silence respectueux.
Le maître dit : « Toyo, fais-moi entendre le son que produit le battement de deux mains. »
Toyo frappa dans ses mains.
« Bien, dit le maître. À présent, fais-moi entendre le son que produit le battement d'une seule main. »
Toyo resta muet et immobile.
Au bout de quelques instants, il s'inclina et partit pour réfléchir sur le problème. Le soir suivant, il revint et frappa le gong d'une main.
«Non, dit le maître, ce n'est pas cela. »
Le lendemain, Toyo joua d'un instrument de musique en n'utilisant qu'une seule main.
«Non, dit le maître, ce n'est pas cela. »
Inlassablement Toyo revint chaque soir avec une nouvelle réponse et le maître répondait invariablement : « ce n'est pas cela. »
Toyo passa ses jours et ses nuits à chercher des sons inédits, mais ils étaient tous rejetés. La question était tellement absurde qu'aucune réponse ne pouvait être exacte. Et lorsqu’au onzième soir Toyo se présenta devant le maître, avant même qu'il n'ait dit quoi que ce soit, le maître lui dit : «Non, ce n’est toujours pas cela ! »
Toyo renonça alors à venir voir Mokurai.
Pendant un an, il chercha chaque son possible et les élimina les uns après les autres et lorsqu’il n’y eu plus rien à éliminer l'illumination explosa. Lorsqu’il eu cessé d’être il retourna auprès du maître, entra sans toucher au gong, s'assit et s'inclina. Il ne disait rien, seul le silence était là.
Alors le maître dit : «Ainsi donc, tu as entendu le son qui n’a pas de son ! »

Osho, extrait de : Une tasse de Thé
Lettre 215

Intensif d'Éveil_L'emploi du temps

L’emploi du temps d’un intensif d’éveil laisse émerger, par son exigence et sa régularité, un environnement sécurisant et porteur au sein duquel les participants sont à même de laisser de côté toutes autres préoccupations pour engager leur entière attention au service de leur quête.
La journée commence tôt et finie tard. Il y a jusqu’à dix exercices de communication (Dyades) par jour. Elles sont entrelacées avec d’autres activités méditatives comme les méditations actives, les marches en silence, le travail, les repas ou le repos. De cette façon la journée devient une 
une auto-interrogation continue.

Première Soirée
20:00 - 21:00 → Introduction et exposé de la méthode
21:00 - 21:40 → Dyade 1
21:45 - 22:00 → Snack + 15 min pour se préparer au repos de nuit
22:00 - 06:00 → Repos de nuit [8h00]

Chaque Jour
06:00 - 06:15 → Réveil
06:20 - 07:00 → Dyade 1
07:00 - 08:10 →  Méditation Dynamique [70min explications uncluses]
08:10 - 08:50 → Dyade 2
08:50 - 09:30 → Petit déjeuner, douche [40min – Gong à 9h25]
09:30 - 10:15 → Travail en tant que méditation [40min – Gong à 10h10]
10:15 - 10:55 → Dyade 3
11:00 - 11:40 → Dyade 4
11:45 - 12:55 → Méditation Active ou marche contemplative [70min explications incluses]
13:00 - 13:40 → Dyade 5
13:40 - 15:00 → Déjeuner et Repos [1h20 – Gong à 14h55]
15:00 - 15:40 → Entretien et questions/réponses
15:45 - 16:05 → Assise en silence
16:10 - 16:50 → Dyade 6
16:55 - 17:35 → Dyade 7
17:40 - 18:20 → Méditation Active ou marche contemplative [70min explications incluses]
18:20 - 19:30 → Diner and Repos [1h10 - Gong à 19h25]
19:30 - 20:10 → Dyade 8
20:15 - 20:55 → Dyade 9
21:00 - 21:15 → Exercices de respiration ou activité physique pendant 15min
21:20 - 22:00 → Dyade 10
22:00 - 22:15 → Snack + 15 min pour se préparer au repos de nuit
22:15 - 06:00 → Repos de nuit [7.45]

Après-midi du dernier jour

13:40 - 15:00 → Déjeuner et Repos [1h20 – Gong à 14h55]
15:00 - 15:40 → Dyade 6
15:45 - 16:25 → Assise en silence
16:25 - 17:10 → Dyade 7
17:15 - 17:35 → Dyade d’intégration
17:35 - 18:00 → Entretien & Conclusion

♦ Deux histoires intemporelles….
« La nuit où bouddha atteint l’éveil, il s’assit sous un arbre et dit : « Je ne me lèverai pas d’ici de toute ma vie si je n’atteins pas l’éveil. C’est fini, c’en est fini avec faire tout ce que je peux pour cela. Je vais rester assis ici, cet arbre deviendra ma tombe. » Une décision totale ; à ce moment là il a lâché complètement toute peur de prendre une décision. Une décision totale. Méditez là dessus !
Et cette nuit là, au matin il s’est éveillé à sa vraie nature.

J’ai entendu une histoire à propos du mystique soufi Baba Shaikh Farid
Farid était en train de prendre son bain dans le Gange, un jeune homme approcha de Farid et lui demanda comment il pourrait trouver dieu. Baba Shaikh Farid prit l’homme à bras le corps et l’entraina dans la rivière. Lorsqu’ils eurent assez de profondeur, il força l’homme sous l’eau. Je jeune homme se noya presque avant que le saint ne le relâche.
« Pourquoi avez-vous fait cela ? » suffoqua-t-il d'un ton incrédule.
« Lorsque tu désireras dieu autant que tu désirais de l’air quand tu étais sous l’eau, tu le trouveras répondit Farid.»

« Le désir doit devenir si intense que vous risquez tout ce que vous avez. La passion pour la quête doit devenir si totale que pas un seul doute ne peut vous faire hésiter. L’intensité même apportera la vérité. Cela peut se produire en un instant ! Il vous suffit simplement de devenir un feu intérieur intense. La décision doit être totale. C’est difficile bien sûr mais tout le monde doit passer par cette difficulté au moins une fois. La vérité est à ce prix et il n’y a pas d’autre façon de la payer. Il vous faut mettre votre être tout entier sur l’hôtel. C’est le seul sacrifice nécessaire. »

Osho, extrait de : The Search
Entretien 6 - Taming the Bull

Intensif d'Éveil_Les Conventions et l'Engagement

Lors d’un intensif d'éveil, quelle qu’en soit la durée, les participants sont invités à observer un ensemble de conventions dont le seul but est de faciliter le bon déroulement du séminaire tout autant que le processus de chacun.
Ces conventions portent essentiellement sur le fait de rester en silence durant tout le temps de l’intensif et sur le retrait de toutes distractions périphériques afin de permettre à chacun de consacrer sa totale attention et énergie à sa recherche intérieure.
En dernier lieu mais tout aussi important, cet engagement a également pour finalité de faciliter la création d’un environnent sans jugement de valeur afin de permettre à chacun de s’ouvrir en confiance a lui-même et aux autres.

Les Conventions et l’Engagement demandé
Nous demandons à chacun d’entre vous d’observer les conventions qui suivent dans le but de faciliter votre propre processus tout autant que celui des autres participants.

Pour la durée de cet intensif d’éveil vous serez dans le silence et dans l’isolement.
Ce qui veut dire :

  • De garder le silence lorsque vous n’êtes pas dans un exercice de communication, faites de votre mieux pour minimiser les distractions et soyez respectueux du processus de chacun. Sentez-vous libre de parler à l’équipe d’animation si vous avez besoin d’aide.
  • Abstenez-vous de tout contact physique avec les autres participants, abstenez-vous de tout contact sexuel que ce soit avec un autre ou avec vous-même.
  • Soyez conciliants envers les autres participants et compréhensifs envers tous, y compris l’équipe d’animation. 

Pour la durée de cet intensif d’éveil

  • Abstenez-vous de toute activité d’embellissement - maquillage pour les femmes ou rasage pour les hommes. Ne portez ni bijoux ni boucle d’oreilles.
  • Renoncez à utiliser vos réveils, téléphones portables, ordinateurs, etc… nous prendrons soins de vous réveiller et de vous appeler pour toutes les activités et nous vous demandons d’être à l’heure pour chaque activité.
  • Renoncez à écrire dans votre journal, à la lecture, à écouter de la musique ou à regarder des vidéos.
  • Renoncez à toute boisson comportant de la caféine, au tabac et aux drogues euphorisantes.
  • Informez l’équipe d’animation de toute médicamentation qui vous est prescrite, de toute contrainte physique pouvant ralentir votre processus.
  • La nourriture servie au cours de cet intensif est principalement végétarienne. Ne mangez que ce qui vous est servi et abstenez-vous de finir les assiettes des autres participants. Si vous avez apporté des en-cas ou des friandises, nous vous demandons de les garder avec vos affaires et de vous abstenir de les consommer. Informez l’équipe d’animation de toute intolérance alimentaire que vous pourriez avoir.
  • Mettez de côté toutes les pratiques ou exercices physiques et/ou mentaux que vous pratiquez habituellement et engagez-vous à pratiquer la technique proposée ici avec détermination et du mieux que vous le pouvez.

Confidentialité
Au cours des exercices de communication, abstenez-vous de commenter sur ce que votre partenaire a dit ou de passer des jugements de quelque manière que ce soit, verbalement ou non verbalement.
En dehors de l’intensif, abstenez-vous de dire quoi que ce soit sur le processus d’un autre participant.

Levez la main en signe d’acquiescement et d’engagement à suivre les conventions énoncées ci-dessus.
Merci.

♦ Une histoire Soufi…
« L’engagement crée la liberté.
Lorsque vous vous engagez dans un mouvement, vous le faites avec tout votre corps.
Lorsque vous vous engagez dans un sentiment, votre passion donnera de la force à votre message.
Lorsque vous vous engagez dans une danse, votre sentiment vous porte au-delà de vos limitations.
Lorsque vous vous engagez à suivre votre voie, donnez-vous entièrement à votre façon de croître.
Des miracles se produisent… les obstacles s’évanouissent, les montagnes s’abaissent devant vous, le ciel s’ouvre au-dessus de vous et vous vous découvrez transformé.»

Aziza Sa'id

Intensif d'Éveil_La Technique de Communication

Cette technique de communication moderne, de style Zen, a été développée vers la fin des années soixante par un américain, Charles Berner. Elle porte en elle bien plus qu’il n’y apparait de prime abord. C’est une dance d’activités Yin et Yang avec le partenaire dans l’échange des rôles entre communication et écoute, tout autant qu’en soi-même avec l’alternance de contemplation et de communication.
L’un des aspects de cette technique est masculin, direct, volontaire → donner l’instruction, tourner son attention vers l’intérieur, avoir l’intention de, communiquer, remercier.
L’autre aspect est plus féminin, s’abandonner, accueillir → être réceptif, écouter sans jugements ni commentaire, être ouvert à quoi que ce soit qui se présente dans le champ de conscience.

Tout comme dans la danse de la vie, faire et laisser faire sont à l’œuvre dans cette technique et l’aspect de non-faire est de loin le plus important. C’est dans le 'non-faire' et non dans le 'faire' que peut se révéler la vérité.
La pratique de cette technique d'instant en instant au cours d’un intensif d’éveil mène au-delà de tout ce que l'on peut imaginer.


La technique de communication point par point
(Avec changement de rôle toutes les cinq minutes)

Position
Deux personnes s’asseyent face à face, à une distance confortable l'un de l'autre. L’un commence en tant que partenaire réceptif et l’autre en tant que partenaire actif.

Instruction
Le partenaire réceptif donne l’instruction : « Dis-moi qui tu es »

Réception
Le partenaire actif accepte cette instruction du partenaire réceptif.

Tourner son attention vers l’intérieur
Le partenaire actif entreprend de faire l’expérience directe de qui il est, en contactant dans un premier temps la réalité de lui-même dans l’instant.
Il prend conscience de qui il est, dans l’instant, du mieux qu’il peut.
Il entreprend ensuite d’en faire directement l’expérience.

Contemplation
Tout en poursuivant avec son intention, il reste ouvert à celle-ci, et à tout ce qui peut se montrer dans son mental, ses émotions ou son corps en tant que résultat de cette intention.

Communication
Le partenaire actif transmet au partenaire réceptif tout ce qui s’est présenté dans le champ de sa conscience conséquemment à son intention, sans ajouter ni retrancher ou omettre quoi que ce soit.

Écoute
Le partenaire réceptif regarde, écoute et reçoit complètement la communication sans la commenter, acquiescer ou l’évaluer en aucune façon.

Poursuite
Le partenaire actif renouvelle le processus de tourner son attention vers l’intérieur et de communiquer tout en veillant à garder un équilibre de temps entre les deux et ce, jusqu’à ce que le gong de changement de rôle retentisse.

Reconnaissance
Lorsque le gong de changement de rôle retentit, le partenaire réceptif dit : « merci » en reconnaissance à son partenaire pour avoir répondu à l’instruction initiale.

Changement
Le partenaire actif donne alors l’instruction au partenaire réceptif et les rôles s’inversent.

Fin
La dyade continue jusqu’à ce que le gong de fin retentisse

Conseil et Notes
Pratiquer cette technique du mieux que vous le pouvez et acceptez cela. N’essayez pas de la maîtriser dès le début mais travailler graduellement à cela.

Cette technique peut également se pratiquer avec un cycle de changements naturels. Ce qui veut dire que le changement de rôle se fait lorsque le partenaire actif à complété son cycle de communication.
Dans ce mode de pratique, il y a seulement un gong final.
Le cycle de changements naturels est une façon plus spontanée de pratiquer, cela demande toutefois de la part des deux partenaires d’être centrés et de bien connaître la technique de façon à ne pas laisser le mental dériver vers quelque chose qui ne soit pas le résultat de l’intention initiale. Pour cette raison, le changement rythmé de cinq minutes en cinq minutes est plus facile pour les débutants, il leur donne un cadre de temps sécurisé au sein duquel ils peuvent contempler et communiquer sans se soucier d’autre chose que de leur intention.

Enfin et surtout...
Gratitude et reconnaissance envers Charles Berner pour avoir développé cette technique de communication et le cadre qui la sous-tend.


♦ Une histoire Zen….
« La nonne Chiyono étudiait depuis des années mais n'arrivait pas à atteindre l'illumination. Une nuit, elle portait un vieux seau rempli d'eau et tandis qu'elle marchait elle admirait la pleine lune reflétée dans le seau. Soudain les liens de bambou qui maintenaient le seau se rompirent et le seau se disloqua. L'eau s'écoula, le reflet de la lune disparut et Chiyono fut illuminée.
Elle écrivit ce poème :

« Par tous les moyens j’ai essayé de maintenir le seau en état,
espérant que les frêles bambous ne rompraient pas.
Soudain le fond tomba.
Plus d'eau, plus de lune dans l'eau.
Le vide dans ma main. »


« L'illumination se produit quand elle se produit, vous ne pouvez pas la gérer ou la provoquer. Vous pouvez toutefois faire beaucoup pour qu’elle se produise. Cependant, quoi que vous fassiez ne fonctionnera pas comme une cause. Quoi que vous fassiez ne vous apportera pas l’illumination, cela vous préparera seulement à la recevoir. Elle vient quand elle vient. Quoi que vous fassiez vous prépare simplement à la recevoir, à la voir lorsqu’elle se produit, à la reconnaître lorsqu’elle vient.
Elle se produit… mais si vous n’êtes pas prêt, vous la manquez continuellement. Elle se produit à chaque instant. Chaque respiration qui entre et qui sort vous apporte l’illumination parce que l’illumination est la matière même de l’existence, ce qui la compose. La problématique est de la reconnaître, le problème est de voir qu’elle est là. »

Osho, extrait de : The Secret of Secrets
Entretien 17 - A little bit of sky

Intensif d'Éveil_Les Méditations Actives

Les méditations actives sont utilisées dans les intensifs d’éveil pour permettre aux participants de traverser plus rapidement les barrières physiques et émotionnelles et dans le même temps à s’ancrer dans un espace de méditation, d’être témoin. Elles aident également à créer un équilibre entre activités physiques et non physiques.
Toutes les activités d’un intensif d’éveil, travailler, manger, marcher, se reposer et même dormir pointent dans la direction de ce ‘être témoin’, de lâcher ce faux sens du moi ‘d’être celui qui fait’.

La structure même des méditations actives va dans ce sens.
On les appelle méditations ‘actives’ par opposition aux autres méthodes plus passives de méditation telles que l’assise en silence du Zen (Zazen) ou la méditation Vipassana. Elles furent développées dans les années soixante-dix par un maître indien Osho. (1931-1990)

Les méditations actives utilisées lors d’un intensif d’éveil
La méditation Dynamique est pratiquée chaque matin après la première dyade de communication. Elle aide à mettre en mouvement l’énergie vitale et offre un espace où il est possible de lâcher les sentiments ou émotions réprimés. Elle facilite l’enracinement dans le centre sexuel, là où réside notre force de vie. La phase non-active de cette méditation donne la possibilité d’entrer dans cet espace du ‘être témoin’.

Pour mieux connaître cette méditation et de ses différentes phases.


La méditation Mandala prend place en fin de matinée les deux premiers jours de l’intensif. Cette technique donne de l’espace au centre du Hara pour ensuite ouvrir le troisième œil. Cette méditation stimule la concentration et permet de se centrer dans cette immobilité intérieure toujours présente. C’est un très bon outil pour maintenir et renforcer le contact avec notre intention..

Pour mieux connaître cette méditation et de ses différentes phases.


La méditation Kundalini se pratique en fin d’après-midi. Elle permet de déverrouiller les tensions physiques accumulées durant la journée pour les laisser fondre doucement, créant ainsi un espace neuf et vide où le silence peut prendre toute sa place. Être à l’écoute de son partenaire à partir de cet espace vide, c’est entrer dans une écoute plus authentique.

Pour mieux commaître cette méditation et de ses différentes phases.


La méditation Nataraj est souvent utilisée le dernier jour en fin de matinée. Danser pendant quarante minutes laisse naître un contact intime avec soi-même où les sentiments de joie et de célébration émergent naturellement. Elle est aussi une invitation à ‘se perdre dans la danse’ et ainsi entrer dans cet espace où seule la danse est. 

Pour mieux connaître cette méditation et de ses différentes phases.


♦ Une histoire Zen…
« Riko, un éminent philosophe officiel demanda un jour à l’étrange maître Zen Nansen de lui expliquer cet ancien koan de l’oie dans la bouteille.
Si l’on met un oison dans une bouteille et si on le nourrit jusqu’à ce qu’il devienne adulte, comment peut-on le retirer de la bouteille sans tuer l’oie ni casser la bouteille demanda Riko ?
Nansen frappa fortement dans ses mains et cria ‘Riko’ !
Oui maître dit l’officiel en sursautant.
Vois, dit Nansen, l’oie est dehors ! »

« Le problème est seulement de voir, la question est seulement d’être alerte, lucide, éveillé. Il s’agit seulement de s’éveillé. Si vous êtes dans un rêve, l’oie est dans la bouteille, si vous êtes éveillé, l’oie n’a jamais été dans la bouteille. »

Osho, extrait de : The Goose is Out
Talk 1 – The goose is out!

Intensif d'Éveil_Les Activités Silencieuses

Le silence est une aide et un soutient extraordinaire pour tout voyage intérieur. Au cours d’un intensif d’éveil, l’on demande aux participants d’être en silence à tout moment, excepté bien sûr durant les exercices de communication (les dyades). Toutes les activités, travailler, manger, marcher, se doucher, se reposer se font en silence et sont considérées comme des temps d’intériorisation qui favorisent l’auto-investigation en cours.

L’une de ces activités silencieuses est ce que l’on nomme : ‘le travail en tant que méditation’. Au cours d’une période de quarante minutes, une tâche simple à accomplir est proposée à chaque participant. L’emphase est sur « qui » fait ce qui est à faire et sur la qualité apportée à l’acte et non sur le résultat de la tâche.
Un maître Zen avait coutume de dire : « Lorsque vous nettoyez une pièce ou faites la vaisselle, c’est vous qui vous nettoyez, l’attention que vous portez à vos gestes, la totalité de votre intention vous nettoie et, indirectement, la pièce ou la vaisselle se trouvent être nettoyées. »
Cette pratique de faire les petites choses du quotidien en silence, tout en maintenant l’intention d’être dans l’expérience directe de la question à laquelle l’on s’attèle, permet d’acquérir une capacité d’être présent dans l’instant ; aptitude qui peut aisément être transposée dans la vie quotidienne. 

♦ Une histoire Zen…
« Un disciple qui pratiquait la méditation depuis un certain temps vint voir Ikkyu, son maître. Comme il pleuvait, il laissa ses chaussures et son parapluie à l'extérieur et entra. Lorsqu'il eut présenté ses respects, le maître lui demanda de quel côté de ses chaussures il avait laissé son parapluie.
Eh bien ! En voilà une question...? Vous ne vous attendez pas à ce que les maîtres posent d’aussi banales questions ; vous vous attendez à ce qu'ils vous questionnent sur Dieu, sur la montée de la Kundalini ou l'ouverture des chakras. Ils doivent poser des questions sur des choses importantes, ésotériques !
Mais Ikkyu a posé une question très ordinaire.
Aucun saint chrétien ne l'aurait posée, aucun moine jaïn ne l'aurait posée, aucun swami hindou ne l'aurait posée. Elle ne peut être posée que par celui qui est vraiment avec Bouddha, en Bouddha ; qui est lui-même véritablement un Bouddha.
Le maître lui demanda de quel côté de ses chaussures il avait laissé son parapluie.
Quel rapport ont les chaussures et les parapluies avec la spiritualité ? Si l'on vous avait posé la même question vous vous seriez senti gêné. Quel genre de question est-ce là ? Mais il y a quelque chose d'une immense valeur dans cette question. Si Ikkyu l’avait interrogé sur Dieu, sur la Kundalini ou sur les chakras, cela n’aurait eu aucun sens.
Le disciple ne se souvenait pas. Qui se donne la peine de se souvenir où il a mis ses chaussures et de quel côté de ses chaussures se trouve son parapluie ; à droite ou à gauche ? Qui s'en donne la peine ? Qui porte tant d'attention aux parapluies ? Qui pense aux chaussures ? Qui est si attentif ? Mais cela a suffit ; le disciple fut refusé. Ikkyu lui dit : Va et médite encore pendant sept ans.
Sept ans ! s'exclama le disciple, rien que pour cette petite faute ?
Ikkyu de répondre : Ce n'est pas une petite faute, les fautes ne sont ni petites ni grandes, simplement tu ne vis pas encore dans un esprit méditatif, c'est tout. Retournes et médite pendant encore sept ans puis reviens. »

« Voici le message essentiel, soyez attentif, vigilant à tout et ne faites pas de distinction entre les choses ; que ceci est futile, que ceci est spirituel. Cela dépend de vous. Soyez alerte, soyez attentif et tout devient spirituel. Ne faites pas attention, ne soyez pas alerte et tout devient quelconque, non spirituel. C'est vous qui transmettez la spiritualité ; c'est votre cadeau au monde.
Lorsqu'un maître comme Ikkyu touche son parapluie, le parapluie est tout aussi divin que n'importe quoi peut l'être. L'énergie méditative est alchimique, elle transforme le métal vil en or pur, elle transforme sans cesse le vil en noble. En dernier lieu, tout est divin. Ce monde ci est le paradis et ce corps ci est le bouddha.
Faites les petits actes de la vie dans une vigilance détendue. Lorsque vous mangez, mangez totalement, mâchez totalement, goûtez totalement, sentez totalement. Touchez votre pain, sentez-en la texture ; sentez le pain, sentez-en la saveur, mâchez le, laissez le se dissoudre en vous et restez conscient. Alors vous méditez, alors la méditation n'est pas séparée de la vie.
Chaque fois que la méditation est séparée de la vie, quelque chose est faux ; cela devient le contraire de la vie. Alors l'on pense à aller dans un monastère ou dans une grotte de l'Himalaya, l'on voudrait s'échapper de la vie, parce que la vie paraît nous distraire de la méditation.
La vie n'est pas une distraction, elle est une occasion pour la méditation.»

Osho, extrait de : Take it Easy
Entretien 26 – A Way of Life