Perspectives

Perspectives

Les articles ci-dessous visent à mettre en lumière un aspect du Chemin, que ce soit autour du concept de l’enfant intérieur, des intensifs d'éveil ou tout autre sujet d’intérêt pour celui qui est en chemin.
Ils sont listés chronologiquement.
Pour toute question ou commentaire, merci d’utiliser le formulaire de contact.

Conférence Publique_Les Cycles de Communication

Le texte qui suit est la transcription intégrale d’une conférence publique sur le thème de la communication.

Chers amis,
Bienvenue à cette soirée,
Ce soir l’on m’a demandé de parler sur le thème de la communication et comment celle-ci fonctionne.

Chaque jour de notre vie, nous sommes en relation avec les personnes qui nous entourent, essayant de faire notre mieux pour communiquer nos pensées, nos sentiments ou nos émotions ainsi que nos besoins et le faisons avec une intention inconsciente mais cependant cruciale, d'être compris.
Il apparaît que le seul but de communiquer avec les autres a pour finalité d'être compris. Et cela est très vrai parce que nous avons besoin d’être compris. Nous avons besoin d’être compris dans nos besoins, dans nos désirs, mais surtout pour qui nous sommes. Nous voulons être compris pour qui nous sommes et pour ce que nous sommes et derrière ce désir d’être compris se profile le désir d’être reconnu et approuvé sans être jugé. Et lorsque nous sommes compris, quelque chose de magique produit, nous nous sentons joyeux et satisfaits.
N'est-ce pas votre expérience?

Pourtant, est-ce toujours le cas? Le plus souvent la réponse est non. Le plus souvent le résultat de notre communication avec les autres est l'insatisfaction, la frustration avec, dans son sillage, le blâme et le ressentiment. Ce qui peut aussi provoquer un profond sentiment de tristesse avec cette pensée : «Je ne serai jamais compris», pensée qui peut éventuellement se transformer en croyance.
N'est-ce pas là aussi votre expérience ?

Pour sortir de cette difficulté, nous pouvons chercher des moyens pour nous aider à mieux communiquer et choisir parmi les différentes techniques de communication disponibles sur le marché afin d’être plus performant dans notre façon de communiquer. Cela peut pourtant nous faire dévier d’une communication vraie tant la plupart de ces techniques de communication sont axées sur l’hypocrisie, la duperie et la mystification. Ces techniques ne considèrent pas vraiment la personne puisque leur but est plus de prouver un point de vue ou de vendre un produit.

La communication doit être abordée depuis une perspective différente, une perspective de respect mutuel. Une communication implique toujours un minimum de deux personnes et forme une boucle, où celui qui communique s'exprime à un autre pour que son besoin soit reconnu et si possible satisfait, quel que soit ce besoin. Cela peut être le besoin d'exprimer une idée, le besoin d'obtenir quelque chose de matériel ou d'immatériel comme le respect ou la reconnaissance.
Le besoin n'est pas ce qui importe le plus, ce qui importe le plus au bout du compte c'est le contentement qui se fait jour après avoir exprimé pleinement ce que nous avons voulu exprimer et le fait d’être reçu et compris dans notre expression.

L'implication de cette déclaration est que les deux parties en présence ont une responsabilité dans ce cycle de communication. L'un a la responsabilité d'exprimer aussi honnêtement et aussi clairement que possible et l'autre d'écouter et de comprendre ce qui est communiqué. Être ouvert est le facteur clé d'une communication fructueuse.
Un cycle de communication se produit lorsque 'A' est à même de reconnaître et d'exprimer ce qu'il veut à 'B', et lorsque 'B' est à même de recevoir et de comprendre ce que 'A' veut. 'A' reconnaît alors et ressent qu'il a été compris; le cycle de communication est alors complet.
Pour récapituler, les composants nécessaires pour qu’un cycle de communication porte ses fruits sont les suivants:

→ Identification
→ Expression
→ Acceptation
→ Ouverture
→ Compréhension
→ Contentement


Ce dessin vous permettra de comprendre plus facilement ce qu’est un cycle de communication sain.

Un Cycle de Communication Sain

1 → Prendre conscience que quelque chose en-nous à besoin d’être communiqué (Identification)
2 → L’exprimer tel qu’il a été identifié (Expression)
3 → Cette communication est reçue et acceptée par un autre (Ouverture)
4 → Elle est comprise par un autre (Compréhension)
5 → Elle est reconnue par l'autre pour ce qu'elle est (Réponse)
6 → Prise de conscience d’avoir été pleinement reçu et compris par un autre (Contentement)

Le contentement provient plus de la prise de conscience que ce qui demandait à être exprimé l’a été de manière satisfaisante puis reçu, compris et accepté par un autre, que du fait que le besoin ait été satisfait (obtenir la pomme dans notre exemple).
Cette façon de communiquer est celle qui est employée dans les Intensifs d’éveil, c'est pourquoi ils permettent de réelles transformations.
Malheureusement, une communication aussi claire et saine voit rarement le jour car la plupart des gens ont des filtres de conditionnement qui opèrent consciemment ou inconsciemment. La plupart du temps un cycle de communication ressemble plus à celui-ci:

Le Cycle Habituel de Communication

Dans cet exemple de cycle de communication, je suis quelque peu incertain sur ce que je veux vraiment, qui est d’être aimé. Mais je ne suis pas vraiment conscient de cela parce que ce que je veux est filtré par mon mental conditionné, aussi pense que ce que je veux c’est faire l’amour mais comme je ne suis pas capable d’exprimer cela ouvertement à cause de mes conditionnements, je demande un câlin à la place, avec l’espoir que cela se transformera en faire l’amour.
Et comme mon partenaire a lui aussi ses propres filtres de conditionnement, il ne comprendra pas véritablement ma demande, ce qui ajoutera au flou de ce cycle de communication. Il répondra en fonction de ses filtres de conditionnement. Il entendra « une accolade » au lieu « d'un câlin» et du fait de ses propres conditionnements, il ne sera pas en mesure de passer à l’acte et me donnera un grand sourire.

Tous ces filtres se lient les uns aux autres pour aboutir à une communication déformée, qui a perdu son sens et génèrent de la frustration plutôt que du contentement. Certes, d'une certaine manière, une communication s’est produite, quelque chose a été accompli, un cycle de communication a eu lieu mais le résultat est loin d'être satisfaisant.
Malheureusement c'est ainsi que se passent la plupart de nos cycles de communication dans la vie. Générant des malentendus, de la tristesse, de la frustration, du ressentiment, de la jalousie voire de la vengeance. Nous pouvons observer cela dans les relations de couple, dans les relations de travail tout autant que dans les relations sociales.
N'est-ce pas là aussi votre expérience ?

Nous avons tous fait l'expérience de ces communications déformées à un moment ou un autre dans nos vies avec la frustration que génère leur répétition. Une frustration qui peut s'accumuler au point que nous en venons à croire : « Je ne serai jamais compris » ou « personne ne me comprend! »
De même qu’un cycle de communication sain laisse la personne dans un contentement et une joie, un cycle de communication manqué laisse aussi sa trace émotionnelle. Les communications manquées sont la principale source de colère et de ressentiment chez les gens.

Ceci étant reconnu, comment pouvons-nous sortir de ce cycle malsain?
Comment pouvons-nous améliorer notre façon de communiquer afin qu'un développement bénéfique en découle, afin que satisfaction et contentement en deviennent l’aboutissement plutôt que la frustration et le ressentiment?

Nous pouvons améliorer notre communication en devenant plus conscients, plus conscients de ce que nous voulons communiquer, de comment nous le communiquons et avec qui nous communiquons. La plupart du temps nous ne communiquons pas vraiment, mais nous avons ce que j'appellerais une diarrhée verbale; une conversation non-stop. Notre mental suit simplement une impulsion et se répand en mots. De plus, nous ne communiquons pas vraiment à quelqu'un ni même avec quelqu'un, nous vagabondons mentalement comme si nous parlions à nous-mêmes et utilisions simplement l'autre personne comme support de projection de notre activité mentale.

Si nous réalisons cela, nous pouvons faire une courte pause dans notre communication et ainsi créer une pause dans notre activité mentale et avec cette pause, nous pouvons alors laisser venir cette question : « Mais qu'est-ce que j'essaie de dire? Qu'est-ce que je veux vraiment communiquer? »
Cette question est importante car elle nous oblige à prendre en compte les filtres qui opèrent en nous. Cette question nous fait sortir d'une conversation inconsciente pour entrer dans une communication consciente.
Et c'est là le point clé ; communiquer consciemment, être conscient de ce que je veux vraiment communiquer et être conscient que je communique avec un autre être humain et non avec un robot.
Qu'est-ce que je veux vraiment dire?
Cette question nous amènera à la première étape d'une communication saine, l'identification. Savoir ce que je veux vraiment communiquer est une étape cruciale. Dans l'exemple mentionné tout à l’heure c’est : vouloir être aimé.
Être sincère dans notre expression et communiquer honnêtement comment nous sommes et ce que nous ressentons va générer une ouverture chez l'autre personne. Lorsque nous cessons de faire semblant d'être différent de ce que nous sommes, immédiatement un voile énergique se lève et une compréhension trouve sa place. Il est clair que nous ne pouvons pas demander à l’autre personne d'être un auditeur idéal, mais lorsque nous communiquons sincèrement et honnêtement, cela a un impact sur l'autre personne. Une ouverture est créée et avec cette ouverture, la compréhension suit.

Pour qu’une compréhension par l’expérience s’établisse, des exercices pratiques de communication sont proposés à ce stade aux participants avec l’utilisation de dyades* relationnelles.
(Le terme de ‘dyade’ est un mot grec qui signifie ‘deux’. Une dyade de communication c'est donc deux personnes travaillant ensemble à une compréhension réelle au moyen d'une communication structurée et d'une écoute centrée.)

Votre propre expérience avec ces exercices vous a certainement conduit à vérifier que la sincérité et l'authenticité sont les éléments principaux lorsque nous communiquons et lorsque l'ouverture et l'acceptation de ce qui est sont inclus, un cycle sain de communication se déroule pour le bénéfice des deux personnes.
Un point est cependant à saisir, c’est que le contentement ne dépend pas de la satisfaction du besoin ou du désir. Comme je l’ai mentionné précédemment, ce contentement vient de la prise de conscience que ce qui voulait être exprimé a été pleinement exprimé, compris, reçu et accepté par l'autre.
La raison en est simple, lorsque nous avons un besoin ou désirons quelque chose, une tension énergétique se crée autour de ce besoin non satisfait et lorsque nous sommes capables de compléter un cycle de communication, cette tension énergétique nous quitte. Le besoin a été exprimé et reçu, une compréhension a eu lieu et nous savons que nous avons clairement communiqué ce que nous voulions communiquer.

Pour récapituler, les étapes :

Je sais ce que je veux communiquer (Identification)
Je communique clairement et sincèrement ce que je veux communiquer (Expression)
→  L'autre reçoit et comprend ma communication (Ouverture et Compréhension)
Je me sens compris, le contentement surgit naturellement (Contentement)

Il peut arriver que pour certaines raisons, l'autre personne ne comprenne pas ou ne puisse pas entendre ce que nous essayons de partager. Si nous sommes ouverts, il est possible d'accepter que tel est le cas et dans cette acceptation le cycle de communication se complète.
Chaque fois que nous communiquons avec quelqu'un, notre objectif devrait être de passer consciemment par ces étapes. Un peu de pratique est nécessaire pour prendre cela en main, c'est pourquoi je vous encourage à pratiquer ces exercices simples de communication que nous venons de faire pour mieux vous familiariser avec les cycles de communication sains.
Une fois que vous vous êtes familiarisé avec ces cycles sains de communication, il est possible d'aller plus loin avec d'autres exercices de communication plus spécifiquement orientés.

Apporter de la conscience à votre façon de communiquer ne vous apportera pas seulement de la satisfaction cela aidera aussi à compléter les communications qui n'ont pas été complétées par le passé, ces communications défaillantes qui ont laissé des tensions dans le psychisme et le corps. Il est important de compléter ces cycles de communication inachevés parce que nous agissons ainsi sur l’accomplissement des désirs. L’on pourrait dire qu’un cycle de communication sain est équivalent à l'extinction d'un désir.

Merci à tous pour votre patiente et attentive écoute.
En partage,
Rakendra

Hangzhou_Juillet-2018

Conférence Publique_Comportements et Croyances

Le texte qui suit est la transcription intégrale d’une conférence publique sur le thème de la transformation des croyances et des comportements.

Chers Amis,
Bienvenue à cette soirée,
Ce soir l’on m’a demandé d’apporter des réponses à cette question : « Comment transformer nos croyances et nos comportements inappropriés ? » 

Sur un chemin de développement personnel ou spirituel, la première chose à comprendre est que la transformation se fait d'elle-même; nous ne pouvons pas ‘faire’ la transformation; la transformation n'est pas entre nos mains, en notre pouvoir. Pourtant, nous pouvons faire beaucoup pour que la transformation se produise. Et c'est ce que nous allons voir et expérimenter ce soir. Comment faire en sorte qu’une transformation se mette en place.
Peut-être que la première chose à comprendre est que croyances et comportements vont de pair. Derrière chaque comportement se trouve une croyance. Une croyance est une idée ou une forme de pensée qui est considérée et acceptée comme étant vraie. Quelque chose à quoi nous donnons crédit sans savoir si elle a une réalité ou non. Lorsque nous croyons, nous avons la conviction que ce en quoi nous croyons est la vérité.
Un comportement est un fonctionnement, ou une façon de se comporter au sein de notre environnement. C'est la mise en place d’une attitude visant à gérer nos actes, nos actions basée principalement sur des expériences passées. Nous n’agissons que très rarement. La plupart du temps nous ne faisons que réagir et nos réactions sont issues de nos croyances, elles en sont la mise en action ; que ces croyances soient conscientes ou non. Cela implique qu'il existe une association, un lien direct entre les comportements et les croyances.

Nos modes de comportement ne sont pas mauvais en eux-mêmes; ils sont simplement le résultat d'une forme-pensée, d'une croyance que nous avons. Nous constatons cependant très souvent que ces comportements sont inadéquats et qu'ils nous desservent plutôt que de nous servir. D'où le désir naturel de vouloir les changer ou de les transformer pour qu'ils ne nous gênent plus. Et peut-être que vous avez essayé de changer certains comportements que vous avez et fait des efforts dans cette tentative. Mais cela a-t-il vraiment porté ses fruits ?
Peut-être que oui pour un temps mais il est fort probable que vos vielles habitudes aient vite repris le dessus et vous vous demandiez pourquoi.
La raison est simple et je l'ai mentionné il y a quelques instants, nos comportements sont induits par nos croyances. Et plutôt que d’essayer de changer nos comportements il est préférable de s’occuper des croyances qui alimentent ces comportements.

  • Si je crois que manger de la viande est mauvais je deviendrai végétarien et très probablement je jugerai ceux qui mangent de la viande.
  • Si je crois que les hommes sont supérieurs aux femmes ou vice versa, j'aurai tendance à agir de manière méprisante envers les femmes ou les hommes.
  • Si je crois que le divorce est honteux, j'aurai tendance à rester dans une relation qui peut ne pas être satisfaisante pour moi.
  • Si je crois que la fatalité existe, j'aurai tendance à être déprimé.

Ce ne sont là que quelques exemples bien généraux et je voudrais vous inviter à participer à un petit exercice pour comprendre par expérience, plutôt que de prendre pour acquis ce que je dis, comment il est possible d’inviter la transformation à se mettre en place
Nous allons voir et accomplir ensemble les différentes étapes conduisant la transformation des croyances et des comportements.
Prenez un moment pour reconnaitre les croyances qui sont les vôtres ; les plus évidentes pour l'instant trois ou quatre des plus évidentes suffiront et listez-les.
Maintenant, sur cette courte liste de vos croyances, choisissez celle qui est la plus forte, la plus significative pour vous.
Une fois que vous avez fait cela, faites une pause et contempler cette croyance.
« Je crois que… »
Et tout en continuant de contempler cette croyance, prenez conscience de toutes les pensées qui vous viennent à l'esprit en association avec cette croyance.
Écrivez-les
Une fois que vous avez fait cela, posez-vous la question : « Comment ce que je crois me fait agir dans mon quotidien ? »

Cette première étape vous permettra de devenir plus conscient de quelles sont vos croyances et comment elles jouent un rôle dans votre vie. Nous ne pouvons pas transformer ce dont nous n'avons pas conscience et devenir conscient ou plus lucide est une étape nécessaire.
La deuxième étape consiste à comprendre d'où vient cette croyance. Où ai-je pris cette croyance? Très souvent, si ce n’est la plupart du temps, nous tirons nos croyances de celles des autres, les parents, les amis, les enseignants ou les prêtres parce que nous supposons (ce qui est une autre croyance) qu'ils doivent avoir raison puisqu'ils sont plus âgés ou ont une position dans la vie.

Qu'est-ce qui m'a fait croire ce que je crois?
Restez avec votre croyance spécifique et essayez de vous souvenir comment vous avez engrangé cette croyance.
Cette croyance vient-elle d'une autre personne ou est-ce une situation spécifique qui a donné naissance à cette croyance?
Encore une fois, plus vous gagnerez en clarté sur l'origine de votre croyance, plus il sera facile à une transformation de s’opérer.

Si cette croyance provient d’un autre personne, qui que ce soit, il est devient évident que ce n'est pas vôtre croyance mais seulement une forme de pensée que vous avez adoptée. Et la question que vous pouvez maintenant vous poser est la suivante: « Pourquoi ai-je adopté cette croyance? Quelles étaient mes motivations pour prendre cette engranger cette croyance ? »
Et vous serez surpris, peut-être vouliez-vous faire plaisir à quelqu'un, obtenir son approbation ou être accepté par cette personne ou encore être inclus dans un groupe, quel que soit ce groupe, famille, école ou communauté.
Découvrir votre motivation permettra de doucement faire fondre votre croyance.
Par exemple:

En prenant en compte la croyance de mon père sur les femmes, j’espérais obtenir sa reconnaissance, son approbation ce qui me plaçais dans son camp et me donnait un sentiment de sécurité.

Ou encore,

Maman s'inquiétait constamment de l'argent du ménage et maudissant l'existence de ne pas lui avoir donné l'homme qu'elle pensait mériter et qui pourrait apporter un bon revenu dans ce ménage. Et comme vous vouliez l'attention, l'amour et la bienveillance de maman vous avez abondé en son sens sur la malchance et la fatalité.

D'un autre côté, si votre croyance provient d'une situation que vous avez vécue; par exemple lorsque vous étiez enfant, vous exprimiez souvent vos sentiments ou vos désirs, mais chaque fois que vous le faisiez l’on vous blâmait ou rendait honteux.
Votre conviction pourrait alors être qu'exprimer ses sentiments et désirs est faux et honteux et peut-être même arriver à cette croyance : « Je suis honteux d'avoir des sentiments ou des désirs ».
Dans ce cas, votre croyance ne vient pas de votre besoin d'attention ou d'amour, mais de votre expérience de ne pas être entendu, compris et respecté dans vos besoins par votre entourage.
Et pour sortir de cette croyance il vous faudra permettre une expression consciente de vos sentiments, besoins et désirs. Ce qui ne peut être réaliser que dans un environnement où vous vous sentirez en sécurité, où vous ne serez pas jugé, condamné ni rendu honteux.

Avec ce qui a été dit et suite à votre propre expérience avec ce petit exercice de repérage des origines de votre croyance, vous pouvez reconnaître que le problème ne vient pas de la croyance en elle-même mais bien plus des motivations, des expériences qui vous ont fait adopter cette croyance. Ce qui implique que pour qu’une transformation ait lieu, l'accent ne doit pas être mis sur la croyance elle-même, mais sur « vous ».
Vous vouliez être aimé, approuvé et respecté et pour obtenir cela vous avez adopté une croyance et le comportement qui la renforce.
Cette reconnaissance, lorsqu’elle se produit, a pour effet d’éradiquer complètement la croyance de votre mental parce que vous avez reconnu et accepter l’origine, la cause profonde de votre croyance et le comportement qui lui est lié s’effacera lui aussi de lui-même.
Et c'est comme cela que la transformation se met en place, lorsque nous apportons notre conscience, notre lucidité à la racine d’un phénomène et donnons notre attention, notre soutien à ce qui demande à être pris en charge.

Ce sont nos croyances qui sont les moteurs de nos modes de comportement, de fonctionnement, aussi, tenter d’agir directement sur les modes de comportement n'aura pas grand effet. Quelques changements prendront peut être place, mais tant que la cause racine restera inconsciente, ces comportements continueront à avoir une emprise sur notre façon d’être dans la vie.
Souvenez-vous que dans la majorité des cas, les croyances que vous portez ne proviennent pas de votre propre expérience de la réalité; elles vous ont été transmises par l'extérieur. C'est pourquoi il devient relativement aisé de mettre en œuvre une transformation.
Rappelez-vous ces étapes:

Quelle est ma croyance?
Quelles sont les formes de pensée associées à cette croyance?
Comment le fait de croire ce que je crois me fait agir dans mon quotidien?
Comment ai-je adopté cette croyance et quelles étaient mes motivations pour faire cela ?

Le faux se dissout toujours face à la conscience, à la lucidité. C'est pourquoi devenir conscient des croyances, des formes-pensée que nous portons permet à une transformation de s'installer sans effort.

Cela étant, je dois ajouter qu'il existe deux modes d’existences pour les croyances. Le mode conscient, ces croyances dont nous sommes conscients et un mode inconscient où les croyances fonctionnent à un niveau subconscient et parfois même à un niveau complètement inconscient. Et bien sûr, ces croyances inconscientes sont bien sûr plus difficiles à repérer et à dissoudre.
Pour vous aider à comprendre ce qu'est une croyance inconsciente, je vais vous donner un exemple personnel.
Quand j'avais 9 ans j’ai été atteint d’ostéomyélite, un virus qui s’attaque à la structure osseuse de la jambe. Ma jambe gauche était infectée au point que les médecins parlaient de la couper au niveau du genou pour empêcher la propagation de l'infection. La douleur était si intense que la plupart du temps j'étais dans une sorte de coma fiévreux, je pouvais cependant entendre tout ce qui se disait autour de moi et j'entendais les médecins parler avec mes parents de cette éventualité de me couper la jambe.
Au bout d’une dizaine de jours, l’on m'a emmené à l'hôpital pour une intervention chirurgicale et malheureusement pour moi, je me suis réveillé sur la table d'opération, complètement choqué, dans une peur panique de ne savoir ce qui se passait et surtout, comme je ne sentais plus ma jambe gauche dans une peur panique que les médecins soient en train de la couper. Comme je gesticulais et criais, l’on m’a injecté une nouvelle dose de tranquillisant pour me calmer et me garder inconscient.
Lorsque je me suis réveillé un peu plus tard, je ne pouvais pas me rendre compte si ma jambe avait été coupée ou pas car toute la jambe était en plâtre et que je n'avais aucune sensation de la jambe. Mes parents m’affirmèrent que les médecins n’avaient pas coupé ma jambe mais je ne pouvais pas vraiment les croire. C'est seulement lorsqu’une sensation est revenue dans ma jambe et que j'ai pu voir de mes propres yeux que ma jambe était toujours là que j'ai su qu'ils ne l'avaient pas coupée.
Du fait de cette croyance, tout mon côté gauche s’était rétracté dans un « non, dans un refus que ma jambe soit coupée ». Il m'a fallu plus de sept mois pour récupérer l’usage de ma jambe et marcher de nouveau normalement sans pour autant m’apercevoir que la rétractation du côté gauche opérait à mon insu. À un niveau conscient, je savais que mes deux jambes étaient là; Pourtant, inconsciemment, et je ne l'ai découvert que bien des années plus tard, j'étais toujours persuadé que l’on allait me couper la jambe. Bien que je puisse voir et sentir cette évidence que ma jambe n’avait pas été coupée et qu’elle  fonctionnait normalement, la croyance inconsciente « ils vont me couper la jambe » restait active en arrière-plan et créait des tensions corporelles importantes.
Ce n’est qu’après un long travail psychologique et corporel que j’ai pu accéder à cette croyance refoulée dans l’inconscient, notamment à cause de la terreur et de la panique qui lui étaient associées. Lorsque j'ai découvert que je portais encore cette croyance et qu'elle était toujours active en moi depuis tant d’années, cela a été à la fois un choc de réaliser que j'avais porté cette croyance si longtemps et en même temps un soulagement parce qu'une compréhension profonde avait eu lieu. Non seulement la croyance était vue, mais également sa cause profonde et la tension maintenue dans le corps pouvait maintenant se relâcher.

Je relate exemple parce que je sais par expérience qu'il est gratifiant de prendre soin des croyances conscientes que nous portons lorsque nous voulons vivre une vie plus saine et plus naturelle et il est payant d'aller un peu plus loin et de prendre également soin de les croyances qui habitent notre inconscient.
Travailler avec les gens en développement personnel m'a fait comprendre que c'est là une stratégie commune à tout psychisme humain que d'enterrer les croyances indésirables ou insupportables dans un recoin de l’inconscient jusqu'à ce qu'une possibilité d’assimilation, de transformation se présente. La vie ou l'existence est toujours axée sur la santé, la recherche de l’harmonie, de la maturité, même si cela prend des années pour que ce faire.

J’aimerais conclure cette conférence en encourageant chacun d'entre vous à remettre en question chacune de ces croyances que vous portez, une par une, en utilisant les étapes décrites ce soir de sorte que votre vie puisse s’enrichir et évoluer vers plus d’harmonie, de joie de vivre et surtout plus de possibilités. De sorte que vous deveniez le maître de votre propre destinée et non le serviteur de croyances qui en réalité ne vous appartiennent pas.

Merci à tous pour votre patiente et attentive écoute.
En partage,
Rakendra

Hangzhou_Mars 2018

Conférence Publique_Personnalité et Vraie Nature

Le texte qui suit est la transcription abrégée du dernier exposé présenté lors la série audio sur le thème de l’enfant intérieur.

La Vie n'a pas de finalité

Chers Amis,
Je voudrais clarifier un possible malentendu entre le travail avec l’enfant Intérieur et la notion de ‘Vraie Nature’. Lorsque l’on travaille avec le concept de l’enfant intérieur, l’on travaille au niveau de la personnalité, celui de l’ego et ce travail est principalement accès sur les points suivants :

  • Mettre en lumière les différents éléments qui composent notre personnalité
  • Apporter plus de compréhension sur la façon dont nous fonctionnons dans la vie
  • Sortir des jugements de valeur et des comportements obsolètes
  • Apporter une attention bienveillante à ces parties blessées de nous-même

Tout cela en vue de restaurer la vitalité, la spontanéité et la créativité qui ont été voilées durant l’enfance. Ce travail avec l’enfant intérieur nous permet de vivre une vie plus en accord avec nos véritables aspirations en redonnant à notre élan vital la possibilité de s’épanouir. Ce travail nous aide également à développer une attitude bienveillante envers nous-mêmes et par conséquent envers les autres. Il nous rend aussi perméables à une autre dimension, une dimension qui va bien au-delà de ce que nous nous imaginons habituellement être, celle de notre Vraie Nature.
Ce que l’on appelle la personnalité est, de fait, centrée sur un seul et unique paramètre et ce paramètre est: ‘moi’. Tout est centré sur ou tourne autour de ce ‘moi’, d'où le terme latin ‘ego’.

  • Moi et mes pensées
  • Moi et mes sentiments
  • Moi et mes sensations corporelles et ses limitations
  • Moi et mes idées, mes jugements, mes croyances et attentes sur moi et les autres
  • Moi et mes biens, mes possessions (ma maison, ma voiture, ma femme, mon mari, mes enfants, etc.)

Ce sens du ‘moi’ est rendu encore plus fort lorsque nous commençons à être dans cette réalité existentielle « j’existe, je suis ici, c'est moi. » Non pas de manière égocentrique ou égoïste mais plutôt au niveau expérientiel de l’affirmation de soi. Un niveau tout ce qu’il y a de plus ordinaire d’être debout sur ses deux jambes avec un sentiment de plénitude, de force et d'ouverture à la vie qui s’accompagne de la joie d'être simplement vivant, d’être là, d’exister. Et c'est ce que le travail avec l'Enfant Intérieur peut amener à vivre, ce sentiment d’exister, d’être soi-même.
Lorsque nous atteignons ce niveau de compréhension et d'expérience de notre personnalité, nous pouvons entrevoir qu'il y a quelque chose d’autre, quelque chose de plus grand que ce domaine de la personnalité. Et le questionnement qui peut se faire jour est que : « peut-être que ce domaine de la personnalité n'est pas l’essentiel de ce qu’est la vie, peut-être y-a-t-il quelque chose de plus vaste et si c’est le cas, qu'est-ce alors que ce moi ? Ou encore ‘Qui suis-je?’ ». 
Ce questionnement peut également se développer à partir d’un sentiment d’incomplétude ou de manque.
Lorsqu’une telle question voit le jour naturellement, et non pas parce que l'on suit un idéal ou que l'on croit qu'il convient de s'intéresser à de telles questions, l’on entre alors dans un autre domaine, celui de la ‘Spiritualité’, qui n’est autre que la quête de notre vraie nature, de notre essence.

Lors du premier exposé audio sur l’Enfant Intérieur ainsi que pendant les stages sur ce thème, je dis quelques mots à propos de notre Essence.

Nature de Bouddha, le Soi, Vraie Nature

Je mentionne que « lorsqu’un enfant naît, il n’a bien sûr aucune notion de personnalité, il est pure absence au sein d’une extraordinaire présence. Cette nouvelle vie est l’acceptation incarnée, cette nouvelle vie est l’immobilité dans le mouvement, le silence qui sous-tend les gazouillis. Cette nouvelle vie est ce que l'on désigne comme la Nature de Bouddha ou Vraie Nature. La vitalité, la joie, l'acceptation, l'ouverture et le silence en sont les qualités principales. Cette Essence ou Vraie Nature est le substrat à partir duquel et sur lequel toutes les couches suivantes viendront se déposer
Ce contact avec notre essence est ce vers quoi tend la spiritualité et être sur un chemin spirituel c’est mettre en œuvre ce qui est nécessaire pour retrouver ou renouer ce contact avec notre essence et vivre à partir de cette essence et non plus à partir d’un sens du moi. Sur un chemin spirituel, l’on ne cherche pas quelque chose qui serait en dehors de nous, ni même à l'intérieur de nous, mais bien plus à regagner cette capacité à vivre en union avec notre Essence.

Lorsque l’on travaille avec le concept de l’enfant intérieur, l’on cherche à retrouver la vitalité, la joie, la spontanéité et la vivacité de ce «je suis» que nous étions enfant afin que nos vies puissent être vécues dans l'ouverture et de manière créative. Et pour retrouver ce sens vrai du «moi», nous devons reconnaître et lâcher ce que nous ne sommes pas, les jugements qui ont été portés sur nous, les idées et les croyances que nous avons endossées ainsi que les comportements que nous avons adoptés pour couvrir nos blessures.
De la même façon, le travail sur un chemin vers notre Vraie Nature ou vers le Soi comme cela est parfois formulé consiste aussi à reconnaître et à lâcher ce que nous ne sommes pas pour que vivre à partir de notre essence et non à partir d’une idée d’un ‘moi’ puisse devenir une expérience vécue.
La remise en question de ce sens du ‘moi’ est le fondement de tout enseignement spirituel et pour ce faire, au cours des siècles, différentes méthodes ont été développées dont l’auto-investigation.
L'auto-investigation consiste simplement à s'interroger sur l'authenticité de ce que nous appelons ‘je’, le moi ou l’ego.
Aussi, s'il vous plaît, n’associez pas le travail sur l'Enfant Intérieur avec la recherche de cette capacité à vivre en relation avec notre Essence ou notre Vraie Nature. Travailler avec le concept de l'Enfant Intérieur et la recherche du Soi fait référence à deux domaines différents de cet être humain que nous sommes. D’un côté le domaine de la personnalité et de notre incarnation et de l’autre ce domaine trans-personnel de notre vraie nature. Toutefois, bien que ces deux domaines soient très dissemblables, ils restent néanmoins indissociables et forment une unité indivisible souvent appelée état d’Union ou encore Vraie Nature.
Et tout comme vous avez eu besoin de courage et d'intégrité pour entreprendre ce travail sur l’enfant intérieur pour faire face et guérir ces blessures accumulées pendant l'enfance, de même, la recherche du Soi exigera de vous courage et intégrité couplé d’une soif insatiable de vérité pour laisser émerger cet état d’Union, le Soi ou la Vraie Nature.
La quête de cet état d’Union, du Soi ou de notre Vraie Nature est d’une certaine façon la continuation naturelle du travail avec l'enfant intérieur; certains vont même jusqu’à dire que le travail avec l'enfant intérieur est le pont nécessaire vers cette Vraie Nature.

La question qui peut se poser pour vous maintenant est : « Qu'est-ce que l’auto-investigation et comment l’utiliser pour parvenir à cet état d’Union ? »
Comme je l’ai mentionné plus tôt, l'auto-investigation est une méthode qui consiste à s'interroger sur l'authenticité de ce que nous appelons : «le moi» ou «je» et ainsi en révéler la véritable nature. Une autre façon de dire cela serait : «Est-ce vrai ?», Qu’est-ce que ce ‘je’ ? Est-il une réalité tangible?
C'est cela l'auto-investigation, une quête de la vérité et cette quête exige une plongée dans la réalité de ce qui est pour laisser de côté ce que nous rêvons ou imaginons être la réalité.

L’on tend naturellement à s’accrocher à ce ‘moi’ parce qu’il est la seule chose que nous connaissons, que nous ayons mais surtout à cause de cette peur intrinsèque de ne pas être. « Qui serais-je sans ce moi ? Qui serais-je sans mon histoire? »
Nous vivons continuellement avec ce ‘moi’, nous vivons à partir de ce 'moi' depuis aussi longtemps que nous pouvons nous en souvenir. Nous avons pris ce ‘moi’ pour acquis sans jamais en questionner sa réalité et sans jamais réaliser qu'en fait ce sens du moi génère une séparation, une dualité et que cette séparation ou dualité est la cause première de toutes nos souffrances.
N'avez-vous pas remarqué qu'il y a toujours ‘moi’ et ‘autre chose que moi’ ?

‘Moi et toi’
‘Moi’ et ‘mon corps’
‘Moi’ et ‘mon esprit, mes idées, mes croyances’
‘Moi’ et ‘mes sentiments, mes émotions’.
‘Moi’ et ‘mon histoire’, l’histoire de ce ‘moi’.
Et pour les plus spirituellement avancés : ‘moi’ et ‘ma vraie nature’.

Comprendre que cette dualité est constamment à l’œuvre est la première étape sur le chemin de la recherche du Soi et le tour de main à prendre lorsque l’on utilise l'auto-investigation consiste à mettre l'accent non pas sur ce qui est ‘autre que moi’ comme nous le faisons habituellement mais sur ‘moi’ et sur la nature de ce ‘moi’.
L'auto-investigation consiste à rejeter ce qui n'est pas ‘moi’, c’est comme éplucher un oignon, pas ceci, pas ceci, pas ceci, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien à rejeter et c'est à ce moment-là que l'état d’Union ou Vraie Nature se révèle.

C'est un voyage fait de multiples récompenses, un voyage qui vaut la peine d'être entrepris et c'est cette invitation que je vous lance maintenant que vous avez retrouvé un sentiment de force et d'ouverture à la vie en général après ce cycle de travail sur l’enfant Intérieur. Je vous invite à poursuivre votre voyage vers vous-même avec les séminaires intensifs d’éveil.
Dans ces séminaires, nous utilisons une méthode spécifique d'auto-investigation issue de la tradition Zen japonaise, une méthode conçue pour amener le participant à s’expérimenter directement dans l’instant, à être sa vraie nature.
Voyez simplement ce qui vous convient le mieux, sachant que lorsque vous laissez votre cœur guider vos pas, vous ne vous tromperez jamais et ne serez jamais déçu.

En Partage,
Rakendra

Hangzhou_Novembre 2017

Seule la Vérité Libère

Un des avantages notoire à la participation à un intensif de longue durée est que certaines croyances ou idées préconçues que nous véhiculons sont secouées dans leur fondement et peuvent même être déracinées pour de bon. En ce qui concerne la Vérité, la question avec lequel l'on travaille importe peu, ce qui importe vraiment est de garder le cap proposé par la technique jour après jour.

Avant de participer à cet intensif de deux semaines, j'avais cette conviction que lorsque je ferai l'expérience de la ‘vérité ultime’, cette expérience même me délivrerai, me libérerai de tous les conditionnements mentaux. Mais il me fallait d'abord parvenir à ce stade ‘d'être la vérité’.
Il y a quelques années de cela, au court d'un intensif de trois jours, je me suis éprouvé comme ‘étant la vérité’ ; cette expérience ne m'a pas libéré pour autant. Tout au plus m'a-t-elle donné cette confiance et la certitude que ce que je suis est la vérité, de même que la capacité de reconnaître cela en moi et chez les autres lorsque cette vérité est manifestée. J'ai compris que la vérité émerge chez une personne lorsqu'il y a adéquation entre ce qui est et ce qui est exprimé. En d'autres termes, lorsque l'on est ce que l'on exprime.
Pourtant, j'étais toujours dans la croyance qu'il me fallait d'abord faire l'expérience de la vérité dans son sens ultime pour être libéré.
Eh bien, cette forme pensée, s'est révélée être une ‘authentique’ idée préconçue…

Tandis que je cheminais dans cet intensif, exprimant chaque vérité du moment alors que qu'elle se présentait à ma conscience en résultat de mon intention d'avoir une expérience directe de ‘qui je suis’ puisque je travaillais avec la question ‘Qui suis-je ?’,  j'ai eu brusquement conscience de cette énonciation : ‘La Vérité Libère’ et dans le même temps j'ai réalisé que je me libérais au fur et à mesure que la vérité était dite, instant après instant, petite vérité après petite vérité.
Dans cet éclair de compréhension, tout a basculé, un éclat de rire a fusé ; je prenais conscience de l'erreur commise. J'avais tourné la vérité en un objet, un but, un objectif qui devait être atteint avant qu'une libération puisse se faire.
Cette prise de conscience s'est avérée être un soulagement de deux façons : il n'y a aucune ‘vérité’ à l'extérieur qu'il faille atteindre en tant que condition préalable à une libération et qu'en réalité je me libérais ici et maintenant, d'instant en instant du fait même que j'exprimais la vérité de ce que j'étais dans l'instant.
Dans un éclat de rire je me suis rendu compte que j'étais l'artisan de ma propre libération.
Quelle joie et quel soulagement cette prise de conscience a été ! Cette compréhension a certainement renforcée, outre la force nécessaire pour dégager des couches plus profondes de ma psyché, une confiance en moi, la confiance que tout est juste et parfait tel que c'est.
Elle m'a également permis de comprendre plus clairement ce qui est signifié par ‘regarder le chemin plutôt que le but’ ou ‘la voie est le but’.

Gratitude & Namaste à tous
Rakendra

Causerie WeChat_Se libérer de l'asservissement émotionnel

Le texte qui suit est la transcription intégrale d’une conférence audio sur la plateforme WeChat sur la problématique de l’asservissement émotionnel.

Chers amis sur le chemin,
Bienvenue dans ce salon WeChat,
Ce soir, dans le cadre de la série d'ateliers Embrasser notre Enfant Intérieur, l’on m'a demandé de clarifier cette problématique « Qu’est-ce qui fait que nous nous retrouvons souvent asservi à nos émotions ? »

Je suis sûr que c'est une expérience bien connue de vous tous où vous vous êtes retrouvés empêtré dans une émotion qui semblait pas vouloir vous lâcher. Quelles que soient les situations que la vie vous apporte, la colère rôde en vous et vous vous retrouvez en colère ou plein de ressentiment sans pouvoir maitriser ce phénomène. Ou c’est la tristesse qui semble être votre compagnon de vie. Il peut aussi s'agir de peur, de honte ou de culpabilité et vous avez l’impression de connaitre cette émotion particulière depuis bien longtemps, comme si vous étiez né avec.
Ce n'est pas vraiment l'émotion mais plutôt le sentiment qui sous-tend l'émotion qui est à l’origine de cette sensation d’être prisonnier d’une émotion et cela peut ressembler à un voile ou un filet invisible dans lequel nous sommes empêtrés.

Pour mémoire, l’émotion n'est que la décharge d'un sentiment; c'est un sentiment en mouvement, la partie visible d'un sentiment. Vous pourriez comparer cela à la partie visible d'un iceberg. Et bien que ce soit cette partie visible qui provoque des problèmes relationnels; elle n'est pas la source. La source se trouve dans le sentiment. Ce qui implique qu'agir sur l'émotion pour la réduire ou la dissiper n’aura qu’un effet temporaire, de surface et ne résoudra rien sur le fond.
Nombre d'entre vous ont certainement essayé de modifier des comportements liés à une émotion posant problème ou pour le moins essayé de les réguler du mieux possible tout en faisant ce constat que quel que soit l’effort investi pour contrôler ce lien émotionnel, il reste toujours actif en vous et chaque fois qu'un certain bouton est poussé, ce sentiment et son émotion vous en emporte et vous vous sentez pris au piège, impuissant devant ce déferlement émotionnel qui vous laisse impuissant et désemparé.

Et la question qui vient naturellement à l’esprit est : « Comment cela se fait-il ? Pourquoi suis-je pris au piège comme cela ? Pourquoi est-ce que je reste asservi à cette émotion ? »
Nous restons pris au piège ou asservi par cette émotion parce que nous ne la regardons pas directement. Généralement nous essayons de la contrôler pour qu'elle ne nous dérange pas trop. Nous prenons rarement le temps de questionner cette émotion et le sentiment qui lui est lié; savoir d'où il vient, comprendre quelle est sa cause profonde. 
Nous restons pris au piège ou asservi par cette émotion parce que nous ne pouvons pas lui faire directement face. En apparence, il peut sembler que nous ne voulions pas faire face à cette émotion ou à ce sentiment, mais en réalité, cela fait partie d'un mécanisme interne et automatique de mise de côté ce qui peut être ressenti comme une menace pour notre survie. Nous n'avons aucune emprise sur ce mécanisme autorégulateur, il fait partie du fonctionnement de notre système nerveux autonome, tout comme la respiration, tout comme le vieillissement.
Tout en nous est orienté vers la survie, ce qui fait que chaque fois qu'une situation est reconnue comme potentiellement menaçante pour notre survie par notre système nerveux, elle est mise de côté afin de nous permettre de fonctionner de la meilleure façon possible. C’est une adaptation en quelque sort. Nous nous adaptons et ceci n'est pas spécifique à l'être humain; tout dans la nature est lié à cette loi. Les plantes, les animaux, tous sont liés à cette loi d'adaptation pour survivre, afin de perpétuer l'espèce.
Je mentionne ceci parce que très souvent, en tant qu'être humain, nous développons cette idée, qui se meut bien souvent en croyance, que nous ne sommes pas assez bons, pas assez performant ; que nous devrions être différents, que nous devons travailler dur pour nous améliorer et cette croyance nous laisse avec un sentiment de culpabilité ou de honte. Tout cela est véritablement hors de notre contrôle, hors de notre volonté. Cependant, étant donné que nous avons également un système régulateur de notre énergie saine de vie, la possibilité d’une transformation existe.

Ainsi, la cause profonde de ce sentiment est mise de côté dans une partie inconsciente de notre psyché, où elle reste dormante dans l’attendant d'être digérée. Toutefois, pour être digéré ce sentiment doit remonter à la surface de la conscience où il peut être reconnu et ressenti consciemment pour ce qu'il est et ainsi se dissoudre. L'existence nous offre continuellement des occasions pour résoudre ce lien de dépendance mais il est rare que nous saisissons ces opportunités car la plupart du temps nous les ressentons comme des entraves à notre liberté.

Le sentiment en lui-même ne pose pas de problème puisque le sentiment n’est que la manifestation intérieure d'une situation éprouvée comme douloureuse ; aussi, essayer de le  remanier ne portera pas de fruits. Ce qui portera fruits c’est une acceptation consciente de la situation, un oui à cette situation. Et cela est bien souvent difficile car la situation originelle s’est bien souvent repliée dans les tréfonds de notre inconscient et le système régulateur de notre énergie saine de vie peut s’en trouver bloqué à un point tel qu’il devient incapable de fonctionner comme il le devrait. Ce qui fait que nous restons avec l’impression d'être asservi à ce sentiment, avec apparemment pas d'autre choix que de le combattre ou de le souffrir.
C'est la peur et l'attachement qui nous maintiennent dans cette dynamique malsaine.

Comprendre ce mécanisme, comprendre que ce n'est pas du ressort de notre volonté que d’être asservi par un sentiment peut nous aider à lâcher tout sentiment de culpabilité et nous inciter à regarder comment prendre soin de ce sentiment qui crée un problème pour moi. C'est ce changement radical d'attitude, ne plus vouloir se débarrasser de ce sentiment gênant mais au contraire de l'accepter et le laisser nous apprendre ce qu'il retient en lui et cela permettra à notre système régulateur de notre énergie saine de vie de se mettre en mouvement. D’une certaine façon, nous n'avons pas grand-chose à faire, simplement être avec, c’est à dire laisser faire, mais cela semble être la chose la plus difficile à réaliser, au moins au début. Une fois que nous avons ce désir de comprendre ce qui est en jeu dans notre psyché, de regarder ouvertement ce qui motive nos actes, une gestalt différente se met en place. Peu à peu, le contrôle s’estompe et l'amour s'installe.
Cela peut prendre un certain temps pour parvenir à la cause originelle de ce sentiment et avancer vers la libération de cet asservissement émotionnel, mais cette nouvelle gestalt enclenche néanmoins un processus de guérison et la transformation avec, dans son sillage, la maturité. Une personne plus mûre en sortira.

La personne qui a posé cette question: « Qu’est-ce qui fait que nous nous retrouvons prisonniers de nos émotions ? » avait probablement en tête une deuxième question, peut-être quelque chose comme « Et comment puis-je me libérer de cet asservissement émotionnel dans laquelle je me sens pris ? »

J'ai mentionné plus tôt la direction générale à prendre qui est de sortir du désir de se débarrasser de ce sentiment gênant et d'accepter qu’il ait sa place et suive son cours. C'est le changement nécessaire et un changement majeur parce que vous enrayez le fait de vous juger pour être soumis à cet asservissement émotionnel et cela vous engage dans une relation plus bienveillante envers vous-même.
Pour ce faire vous devrez pratiquer ce que j'appelle « la trilogie transformatrice », à savoir :

Reconnaître (ce qui est)
Accepter (que cela soit, qu’il en soit ainsi)
Exprimer (ce qui demande à être exprimé)

Reconnaître vient en premier parce qu'il n'est pas possible de faire face à quelque chose dont nous n'avons pas conscience.
Accepter ensuite qu’il en soit ainsi ouvre la porte à comprendre ce que ce sentiment veut nous dire.
 Enfin, l'expression aide à créer une décharge de l'énergie bloquée et cette expression peut prendre différentes formes et pas uniquement celle d’une libération émotionnelle comme beaucoup le pensent. Le partage verbal, l'écriture, la peinture tout autant que la danse peuvent être utilisés, de même que différentes techniques corporelles.

Cheminer seul sur cette voie de transformation n’est pas facile, une aide extérieure est nécessaire et cette aide peut prendre diverses formes. Participer à un stage de développement personnel ou prendre des séances individuelles sont certainement les meilleurs appuis que vous puissiez vous donner. Cette aide extérieure est nécessaire car notre mental peut facilement nous induire en erreur et le soutien bienveillant de quelqu'un qui a déjà parcouru ce chemin agit comme un encouragement, comme une incitation à abandonner nos peurs et à rassembler le courage nécessaire pour nous faire confiance, pour faire confiance à la vie, à l’existence. Car au bout du compte il n'y a que la confiance, seule la confiance est.
L'acceptation est confiance et la confiance est acceptation, deux mots pour désigner une seule et même réalité.

Merci pour votre patiente et attentive écoute
En partage,
Rakendra

Hangzhou, Octobre 2017

La Maison d'Hôte_Rumi

Cet être humain est une maison d'hôte.
Chaque matin une nouvelle arrivée.
Une joie, une dépression, une avarice, une vigilance momentanée se présente,
tel un visiteur inattendu.

Accueillez-les et les divertissez-les tous !
Même si ce sont une cohorte de douleurs, qui balayent violemment votre maison et la vide de ses meubles, traitez toujours chaque invité honorablement.
Il vous élaguera peut être pour un nouveau contentement.

La sombre pensée, la honte, la méchanceté,
rencontrez-les à la porte en riant,
et invitez-les à entrer.
Soyez reconnaissant pour celui qui vient, car chacun a été envoyé comme guide venu de l'au-delà.

Rumi, extrait de : La religion de l'amour, textes présentés par Leïli Anvar

Causerie WeChat_Psychologie et Méditation

Le texte qui suit est la transcription intégrale d’une conférence audio sur la plateforme WeChat sur le thème : « Psychologie Occidentale et Méditation Orientale. »

Chers amis sur le chemin,
Bienvenue dans ce salon WeChat, ce soir l’on m'a demandé d’apporter réponse à la question suivante: « Comment associer Psychologie Occidentale et Méditation Orientale afin de revenir à notre Vraie Nature ? »

Certains d'entre vous se souviendront peut-être de ce que j'ai dit sur ce sujet lors d'un précédent Salon à Hangzhou, toutefois il sera utile de rappeler les points principaux pour ceux d'entre vous qui n'étaient pas présents et d’aller plus avant sur ce sujet.
Comme vous vous en souvenez probablement, lors de mon intervention dans le dernier salon WeChat, j'ai clarifié la différence entre méditation et techniques de méditation.
En résumé, je disais que toutes les techniques de méditation étaient conçues pour accéder à un état d'union intérieure ou de plénitude qui peut être appelé : ‘Méditation’, ‘Vraie Nature’, ‘Nature de Bouddha’, ‘le Divin’, ‘Le Soi’ ou encore ‘Présence silencieuse’. Des noms différents pour une seule et même ‘expérience’.
Qui plus est, dans cette approche et avec ces techniques, très peu d'importance est donnée à ce que nous appelons la personnalité, tout simplement parce que notre Vraie Nature n'a aucun point commun avec la personnalité.
L'approche orientale considère ce que nous appelons la personnalité comme une illusion que nous devons transcender. Ou, plus justement dit, elle considère l'identification avec la personnalité comme une illusion.

L'approche occidentale moderne quant à elle donne beaucoup d'importance à la personnalité. Je dis l'approche occidentale moderne parce que dans le passé (10-13ème siècles et avant) l'accent en Occident était lui aussi sur la méditation et pas tellement sur la personnalité.
C'est avec l’arrivée de l'âge moderne (à partir du 17ème siècle) et le développement de la connaissance et de la technologie qu'un changement s'est produit. L'accent a ensuite été mis davantage sur l'individu et comment cet individu peut vivre et mener une vie meilleure, d'abord matériellement puis psychologiquement.
Lorsque les besoins matériels élémentaires de nourriture, d’habillement et d'hébergement ont été satisfaits, la préoccupation s'est déplacée vers l'accomplissement de besoins plus complexes comme les besoins psychologiques. Besoins qui, à leur tour, ont conduit au développement du mouvement psychanalytique.

La psychologie traite du bien-être mental de l'être humain, de ses sentiments, de ses émotions et de ses comportements. Pour ce faire elle s’organise en idées et en concepts qui deviennent très vite des croyances. L'approche orientale ne s’embarrasse pas de concepts  elle se concentre uniquement sur l’expérience du Soi ou la Vraie Nature. Ce que l'approche occidentale prend pour acquis et pour réalité, l'approche orientale y prête peu d'attention ou même le nie.
Avec ces quelques notions, vous pouvez commencer à entrevoir la différence entre de ces deux approches:

Méditation Orientale
Psychologie Occidentale

En résumé et de manière générale, l'approche orientale déclare que nous ne sommes pas le corps, que nous ne sommes pas ces sentiments et que nous ne sommes pas le mental. Nous sommes autres que cela ; nous sommes pure Conscience. Notre Vraie Nature est la Conscience. Elle déclare que la séparation qui se crée lorsque nous nous identifions à notre système corps-mental est simplement une illusion et que nous devons voir à travers cette illusion pour être réellement ce que nous sommes.

L'approche occidentale de son côté avance que la seule réalité est ce système corps-mental et que si nous voulons vivre heureux, nous devons en prendre soin physiquement et psychologiquement.
De fait, la psychologie occidentale est utile pour résoudre certains problèmes de souffrance de base et cela est déjà très utile; cependant, pour quelqu'un en recherche de sa Vraie Nature, la psychologie occidentale ne suffira pas, elle devra être couplée avec autre chose, soit une méthode d'auto-investigation, soit des techniques de méditation afin de faciliter le chemin de cette ouverture vers le réel.

Ces deux démarches sont radicalement différentes dans leur approche et peuvent même sembler antagonistes, tout comme le jour et la nuit ou le noir et blanc. Ce n’est toutefois pas le cas et pour vous permettre de comprendre plus aisément cette apparente dichotomie, prenez l'exemple du symbole du Tao, ce cercle fait de noir et de blanc avec un point de couleur opposée dans chaque segment.
Ces deux segments semblent être opposés parce que notre perception de « la réalité » est quelque peu déformée et se concentre sur ce côté-ci ou sur ce côté-là, ce faisant, nous nous nous maintenons dans une perspective dualiste et nous passons à côté du fait que ces deux opposés sont unis dans un même cercle. La clé est le cercle et non un côté ou l'autre. De la même façon, l’approche que nous pouvons avoir sur ce que nous sommes doit inclure à la fois cette incarnation que nous sommes et l'aspect non manifesté.
D’un certain point de vue, nous sommes ce système corps-mental qui semble être une entité distincte, indépendante, différente des « autres ».
D’un autre point de vue, nous sommes l'absolu, le non-manifesté (notre Vraie Nature) qui n'exclut rien, qui est tout inclusive.

Chaque être humain est une incarnation qui sort du « rien », de l'absolu et disparaît dans ce « rien ». Avant d’être né vous n'existiez pas en tant qu'entité physique, après votre décès le corps se désintègre et retourne à ce « rien ». Ce temps entre naissance et mort n’est autre que la manifestation de ce « rien ». Tout comme la vague est la manifestation de l'océan d’où elle est issue. Et pour nous, êtres humains, cette incarnation implique trois caractéristiques essentielles dans une même entité :

Un corps et des sensations
→ Des sentiments et des émotions
→ La faculté de penser

Plus…. et c'est ce que je soulignais par ‘une même entité’, la perception ou conscience de ces trois aspects. C'est le cercle auquel je faisais référence avec le symbole du Tao où les deux demi-sphères sont unies dans un cercle.En tant qu'êtres humains, nous sommes tous ces aspects : la conscience, le corps, les sentiments et la faculté de penser.
L'état de ‘méditation’ inclue tous ces aspects. C'est pourquoi il est important, lorsque nous sommes en quête de l’expérience de notre Vraie Nature, de n’exclure aucun de ces aspects. Nous sommes multidimensionnel et chaque aspect a non seulement sa place et sa fonction mais est également indissociable de l'autre.
Ce qui implique que s'identifier à un aspect, quel qu’il soit, est le plus sûr moyen de manquer cette unité de l’ensemble. Tout comme en exclure un des aspects conduira à une incompréhension de ce qu’est la réalité.
Mais qu’est-ce que ‘la réalité’?
La réalité c’est l'unité, la non-séparation, la non-dualité pour reprendre un terme connu. Dit autrement, la réalité c’est l'inclusion de tout ce qui existe, y compris l’apparente séparation, y compris l'identification apparente avec une entité que nous définissons comme ‘moi’.

Comprendre ceci intellectuellement est assez simple, ce qui l’est moins c’est de parvenir à une réalisation expérientielle de cette unité et pour ce faire le plus simple est de commencer par ce qui est directement à notre portée, c’est-à-dire notre système corps-mental. Ce corps, ces sentiments et ce mental nous sont directement accessibles, même si nous devons en fin de compte les transcender pour être dans l’expérience de notre Vraie Nature.
L'approche occidentale versée sur l’aspect psychologique peut être d'une grande aide sur ce chemin vers notre Vraie Nature parce qu'elle nous permet de comprendre nos mécanismes de fonctionnement ainsi que les blocages psychologiques qui lui sont liés et cela nous aide à comprendre la cause de notre souffrance.

C'est pourquoi travailler sur la détente corporelle, travailler avec les sentiments et leur expression tout en utilisant le discernement qu’apporte le mental aide à ouvrir et à élargir notre compréhension de ce qu'est la vie, de ce que la vie est. Nous sommes le mouvement de la vie, nous somme la vie en mouvement, mais nous sommes rarement conscients de cette incontestable réalité.
En travaillant avec ces trois domaines que sont le corps, les sentiments et le mental, peu à peu la relation entre pensées, sentiments et sensations sera vue et avec cette observation un désengagement se mettra doucement en place, désengagement qui à son tour créera une ouverture pour permettre à quelque chose de plus vaste de se manifester.
Lorsque nous nous désengagerons de notre identification avec les idées et les croyances que nous portons, cela ouvre automatiquement la voie à l'expérience d’être Conscience, simplement parce que ce que l’on nomme Conscience est notre Vraie Nature. Deux mots différents pour une seule et même réalité, cette réalité que nous sommes.

Si nous commençons par l'autre dimension, celle de la ‘spiritualité’, le risque est grand de se retrouver dans une sphère de rêves faite de spéculations, d’attentes et de convoitises, dans une sphère désincarnée, irréelle. C’est un peu comme se réfugier au sommet d’une montagne, totalement coupé de la réalité du monde, c’est entrer dans une sorte de « schizophrénie spirituelle ». Cela peut également être ressenti comme une impression d’avancer vers des sphères qui semblent inatteignables ou comme parler de nourriture alors que vous mourrez de faim, parler de nourriture ne satisfera pas votre faim, il vous faudra des aliments solides pour satisfaire votre faim, et ce n’est qu’ensuite, lorsque vous êtes suffisamment rassasié que vous devenez disponible pour une nourriture plus subtile. Tout comme il n’est pas possible d’écrire un livre avant d'avoir appris l'alphabet et avant de savoir comment assembler les lettres pour former un mot puis une phrase.

C'est pourquoi je préconise le travail sur la personnalité comme porte d’accès vers la méditation, vers notre Vraie Nature.
Comme la plupart des gens sont empêtrés dans des nœuds émotionnels et mentaux qui proviennent d’expériences négatives dans l'enfance, le travail sur la personnalité devient nécessaire pour nettoyer ces nœuds et créer de l'espace afin qu’autre chose puisse se révéler. Les différentes techniques de méditation active que j'utilise, et en particulier la méditation dynamique, sont toutes orientées vers cette création d’espace pour ainsi ouvrir la voie à un état de méditation.
La plupart d'entre vous ont voyagé en avion et vous avez sans doute tous remarqué qu'après le décollage, l'avion doit traverser une couche de nuages avant d'atteindre l’infini ciel bleu.
Vous êtes ce ciel bleu, chacun d’entre nous est cet espace limpide et immaculé, tout comme chacun d'entre nous est également empêtré dans une couche de nuages plus ou moins denses, plus ou moins sombres ou orageux. Mais ce ne sont que des nuages, l'essentiel, c’est-à-dire vous, est ce ciel bleu.
Toutefois, avant de réaliser cela, un petit travail de nettoyage est nécessaire.

Mais revenons à la question posée : « Comment associer Psychologie Occidentale et Méditation Orientale afin de revenir à notre Vraie Nature ? ».

Dans un précédent salon WeChat, en parlant du travail que je propose, j'ai mentionné ce qui suit : « Comme nous sommes des êtres humains incarnés aussi bien que des êtres ‘spirituels’, il est nécessaire de travailler sur ces deux aspects. »
Et la forme que j'ai donnée à mes différents ateliers correspond aux différentes phases que nous traversons dans la vie. Etant donné que la plupart de nos comportements inadaptés d’adulte proviennent de traumatismes de l'enfance, travailler sur les conditionnements de l'enfance avec la série d'ateliers : « Embrasser notre Enfant Intérieur », est une étape nécessaire.

Comme mentionné précédemment, nous sommes des êtres humains incarnés et du fait que la répression a joué un rôle majeur dans la vie de beaucoup, j’associe, dans ces ateliers, un travail avec le corps avec un travail sur les sentiments et leur expression. Le mental est lui aussi engagé dans ce travail, pas seulement pour comprendre intellectuellement ce qui se passe mais aussi pour apporter lucidité à ce qui est vécu.
Et puisque nous somme également des êtres ‘spirituels’, j'inclus une méditation dite ‘active’, la méditation dynamique à tous mes ateliers. La méditation dynamique est une technique de méditation idéale dans cette approche car elle inclue lors des trois premières étapes le plan physique et celui de la personnalité. Ce qui permet durant les deux étapes suivantes de contacter la dimension spirituelle.
Dès lors qu’une clarification de la personnalité s’est opérée, même partiellement, l’on peut passer à une approche plus intense avec les séminaires intensifs d’éveil.

Lorsque nous travaillons sur la personnalité, nous ne devons pas oublier que nous ne sommes pas ‘juste cela’. De même, lorsque nous travaillons avec la dimension spirituelle, nous ne devons pas non plus oublier que nous sommes aussi des êtres incarnés. Nous sommes un tout interconnecté, il n'y a vraiment aucune séparation entre le physique, le personnel et le spirituel; tout est un.
Cet agencement est important pour soutenir un changement durable, une transformation durable et les deux principaux ingrédients de cet agencement sont : l'engagement et l'acceptation.

→ L'engagement vous permet de rester en phase avec la tâche à accomplir, il crée une liberté.
« Lorsque vous vous engagez sur votre chemin, lorsque vous vous abandonnez à votre chemin de croissance, quelque chose de magique se produit... les obstacles se liquéfient, les montagnes s’aplanissent devant vous, le ciel s'ouvre au-dessus de vous et vous vous retrouvez transformé. » (Aziza Sa'id)

→ L'acceptation crée pour sa part un environnement de soutien, propice à la transformation.

Participer à ces ateliers peut devenir une opportunité pour apprendre, à un niveau concret, à un niveau expérientiel, comment combiner psychologie occidentale et méditation orientale afin de revenir à ce que nous sommes vraiment, afin de revenir à notre Vraie Nature. Dans ces ateliers nous travaillons sur le spectre complet de ce qui compose un être humain; la ‘personne-essence’.
Pour conclure, j'aimerais encourager chacun d'entre vous souhaitant générer pour lui-même une transformation durable de prendre courage et de venir participer à ces ateliers ou encore, bénéficier d’un soutien plus personnel par le biais de séances individuelles.
Revenir à sa Vraie Nature devrait être l’objectif principal de toute démarche intérieure et non pas le simple désir de résoudre un problème que l’on rencontre dans sa vie.

Merci pour votre patiente et attentive écoute
En Partage,
Rakendra

Hangzhou, Juillet-2016

Dr Arthur Janor_Le Nouveau Cri Primal


Le Nouveau Cri Primal
Dr Arthur Janov, extrait de : Le Nouveau cri primal

Le refoulement produit deux « moi » en guerre l’un contre l’autre : le moi réel avec tout son fardeau de besoins et de douleurs, et le moi factice qui a pour fonction d’empêcher le véritable moi de se montrer, et dont le rôle est d’assurer le fonctionnement du corps malgré la tempête qui fait rage par-dessous. Et le moi factice y parviendra d’autant mieux qu’il ignorera sa propre histoire. C’est pourquoi les névrosés sont des êtres floués de leur histoire ; leur passé leur a été confisqué par la souffrance. Le moi factice va chercher ensuite l’assouvissement des besoins par des moyens symboliques. D’anciennes souffrances refoulées sont ensuite extériorisées dans des comportements irréels et purement symboliques.

Le revécu des souffrances précoces permet, en atténuant le refoulement, de recouvrer la capacité de ressentir. Et de refaire l’unité du moi divisé. Pourquoi est-il si important d’expérimenter ses sentiments ? d’une part cela fait cesser les symptômes pathologiques, mais cela met également un terme à la quête d’un assouvissement symbolique. Lorsque le moi véritable a émergé, on n’a plus à se chercher. C’est au cœur de la souffrance qu’on découvre le moi réel. Le problème de notre époque, c’est le mal-ressentir (au sens de ressentir le contenu sensoriel et émotionnel de son vécu).

Pourquoi le névrosé travaille et s’active t-il tant ? c’est pour empêcher son passé de refaire surface dans le présent. Pour être en bonne santé, il faut se plonger dans son histoire au lieu de la fuir, remonter à la source des problèmes au lieu de passer sa vie à leur chercher des palliatifs.

1ère Partie : Pourquoi tombe t-on malade ?

♦ Les besoins fondamentaux de l’être humain :

L’enfant va vite apprendre à renoncer à l’amour physique au profit de l’approbation de ses parents. Il va apprendre qu’il ne peut pas recevoir de l’amour quand il le voudrait, mais seulement quand ses parents auront décidé de lui en dispenser. L’absence d’amour est le principal facteur de développement de la névrose. Ressentir, c’est retourner en arrière et sentir les besoins du tout-petit et de l’enfant qu’on a été. Sentir l’envie douloureuse d’être pris dans les bras d’un de ses parents, comme si on y était. Ressentir la frustration due à la souffrance initiale.

On ne guérit pas d’une piètre opinion de soi en essayant de se prouver sa propre valeur ou en agissant de manière à flatter son ego. Au contraire, le traitement consiste à s’autoriser à ressentir ce sentiment de n’avoir pas été désiré ou voulu. Ce qui permettra de s’apercevoir que la carence d’amour n’était pas due à quelque tare inhérente à soi-même mais qu’elle venait d’une incapacité des parents à aimer. Mais une telle prise de conscience n’est possible que lorsqu’on cesse de lutter contre son besoin d’être constamment rassuré, et qu’on ressent à fond le manque d’amour dont on souffre.

♦ La souffrance primale : le grand secret occulté :

Le refoulement chez l’enfant est une réponse automatique à la souffrance occasionnée par la frustration du besoin affectif. La souffrance primale, c’est une souffrance tellement forte qu’on ne la sent plus, et qu’elle peut donc continuer indéfiniment. Les souffrances précoces sont les plus catastrophiques dans la mesure où elles constituent une menace pour la survie de l’individu. Ainsi le fait d’avoir frôlé la mort à la naissance ou le désespoir du tout-petit qui sent qu’il ne sera jamais aimé. L’organisme n’est pas fait pour tolérer des souffrances d’une telle intensité. Le degré de refoulement dépendra du niveau d’intensité de la souffrance. Quand un membre gèle, au début, on a mal. Et puis quand la douleur devient trop forte, on s’engourdit et on ne sent plus rien. Mais quand la chair « dégèle », la sensibilité revient et on recommence à avoir mal. C’est pareil avec les blessures émotionnelles. La souffrance affective est refoulée et oubliée. Il s’ensuit un engourdissement des émotions, une incapacité à ressentir. Mais lorsque plus tard, on se remémore cette souffrance, on recommence à avoir mal.

Comment se peut-il qu’une souffrance aussi colossale puisse rester comprimée à l’intérieur de notre corps sans qu’on s’en rende compte ? c’est au refoulement qu’on doit un tel prodige. En effet il diffuse l’énergie de la souffrance qui se retrouve alors dans l’hypertension artérielle, dans une sexualité compulsive, dans l’asthme et dans la colite, dans les pensées vagabondes et dans les maux de tête. Ainsi les patients souffrant d’hypertension voient leur tension baisser de 2,4 points en moyenne après avoir suivi une thérapie primale.

La souffrance affective est-elle un sentiment ? non, c’est plutôt ce qui arrive aux sentiments lorsqu’ils ne peuvent pas suivre leur cours naturel. Et c’est pourquoi on peut mettre un terme à la souffrance en ressentant ses sentiments. Le mécanisme de la souffrance emprunte des trajets nerveux de formation récente. Il s’agit d’un mécanisme qui nous indique ce qui nous fait mal, mais aussi, assez souvent aussi, pourquoi on a mal. Se sentir déprimé et désespéré, c’est souffrir. Ressentir une absence totale d’espoir due au fait qu’on a jamais été aimé par sa mère, c’est éprouver un sentiment « connecté ». la connexion dissout la souffrance, l’absence de connexion l’entretient. Dans notre enfance, le système limbique a absorbé les affronts, les uns après les autres, et la souffrance s’est accumulée au point que nous sommes devenus vulnérables au moindre petit stimulus. C’est ainsi qu’une simple frustration peut suffire à nous mettre dans des rages folles.

Il est possible d’émousser la souffrance primale, de la rediriger et de la détourner, mais pas de l’effacer. Toute marque gravée dans le système est indélébile. Quand on s’est senti mal aimé dans sa petite enfance, c’est un sentiment qui ne vous quittera plus jamais. Il va rester aussi fort qu’à l’origine, quelle que soit la qualité du vécu qu’on aura par la suite et même si on jouit de l’adoration de centaines de gens. Le stress du bébé peut être le fait d’un traumatisme affectif. Un patient qui revit une expérience d’étouffement et de suffocation due à un manque d’oxygène à la naissance ne joue pas la comédie. C’est la mémoire limbique qui est à l’œuvre. Il est clair que le nourrisson perçoit ses expériences et qu’elles ont un très fort impact sur lui. La fenêtre sensorielle du nouveau-né est large ouverte et elle le rend plus sensible qu’il ne le sera jamais par la suite. Il ressent « plus » parcequ’il n’a pas encore de cortex pleinement développé ou de cerveau pensant pour diluer ses expériences. L’idée d’une mémoire occulte de la souffrance est difficile à accepter, d’abord parce qu’il n’est guère agréable de se rappeler ce qui fait mal, et ensuite parce qu’elle est cachée. Janov parle de « souffrance primale » : c’est comme la force de gravité : une influence qui se fait sentir en permanence mais dont on est totalement inconscient. La souffrance primale est le grand secret occulté de notre époque.

♦ Le refoulement : les verrous du cerveau et la perte de la sensibilité

Le principal mécanisme du refoulement de la souffrance s’appelle le « verrouillage ». le verrouillage est un processus qui bloque la perception de la souffrance et non la souffrance elle-même, en empêchant la masse d’impulsions électriques qui constituent la douleur d’atteindre les zones supérieures du cerveau. Par un heureux hasard – mais lourd de conséquences – le sentiment de grande souffrance ressenti précocément dans la vie se transforme en son contraire : une absence de sensibilité. Le verrouillage de la souffrance affective fonctionne dans deux cas de figure : lorsque l’intensité de la douleur dépasse un certain seuil ou lorsque ce même seuil est atteint par effet cumulatif. Toute souffrance qui dépasse le seuil de tolérance déclenche un mécanisme antidouleur intégré, qui veille à ce que nous ne souffrions pas démesurément. Les traumatismes graves subis précocément noient le système cérébral sous un flot d’impulsions électriques qui le font disjoncter. Lorsque le traumatisme est suffisamment fort, comme dans l’inceste, les verrous se ferment. Mais en se refermant pour exclure la douleur, les verrous du cerveau évacuent également notre histoire. Nous ne nous souvenons plus du traumatisme, ou des besoins et des sentiments qui l’accompagnaient. Nous sommes floués du souvenir dont, précisément, nous aurions besoin pour guérir des effets de ces traumatismes du passé. On ne refoule jamais impunément. Il y a toujours un prix à payer. La force avec laquelle s’applique le verrouillage ou le refoulement est proportionnelle à celle de la douleur. Une énorme souffrance subie pendant la naissance entraînera l’investissement d’une très grande quantité d’énergie par la suite pour continuer à occulter une telle souffrance, et ce de manière continuelle, car l’empreinte du traumatisme sera indélébile. Le système de verrouillage est ce qui nous permet de sentir d’une manière tout en agissant d’une autre. Un système sans lequel on ne pourrait pas vivre car on souffrirait le martyre à chaque instant. C’est ce verrouillage qui permet qu’une patiente vienne nous voir en se plaignant de migraines, tout en nous assurant qu’elle a eu une enfance heureuse, pour s’apercevoir un an et une centaine de primals plus tard qu’il n’en était rien. Ainsi chaque souffrance possède son propre mécanisme d’inversion : le refoulement qui est un camouflage émotionnel. Les verrous préservent notre réalité intérieure dans sa forme la plus pure. Ce sont des pare-chocs qui protègent nos sentiments ; ils sont donc censés nous vouloir du bien. Mais celui qui s’est protégé à coups de verrous très forts, qui a refoulé beaucoup de choses, risque de souffrir de maladies du système auto-immunitaire, comme l’arthrite par ex., dans laquelle la personne réelle est attaquée dans ses cellules et ses tisus, assaillie comme si elle n’était qu’un vulgaire corps étranger. On est devenu allergique à soi-même ! le système de verrouillage fonctionne bien chez les patients qui ne sentent rien et qui se plaignent que la vie ne leur apporte pas grand-chose.

Rien n’active le cerveau – et son système de verrouillage – autant que la souffrance. Il y a fondamentalement un seul mode de défense – le refoulement – qui produit une multitude de symptomes. Les processus du refoulement sont tels qu’ils repoussent toute souffrance quelle que soit son origine. Cependant le plus souvent, le refoulement est partiel, présentant des fuites qui laissent remonter le sentiment vers la conscience. Le sujet aura alors tendance à colmater ces fuites à l’aide de défenses secondaires qui correspondent à ce que les freudiens appellent les mécanismes de défense primaires : déni, projection, formations réactionnelles … les défenses secondaires ont pour fonction de prendre le relais du refoulement quand celui-ci faiblit. Nous avons donc un système de défense unique, le refoulement, accompagné de défenses secondaires qui correspondent aux moyens que chacun de nous s’invente pour éviter de souffrir et pour satisfaire ses besoins inassouvis, tout en bridant ou en évacuant l’énergie associée au sentiment. La névrose correspond en réalité à une tentative de dépassement de la souffrance et à la recherche de moyens de se procurer quelque chose qui ressemble à de l’amour. Ce n’est pas parce que nous cachons notre souffrance qu’elle n’existe pas ; quel paradoxe que d’éluder ainsi constamment la seule chose susceptible de nous libérer ! la souffrance est une bénédiction car, une fois ressentie, elle déclenche les forces de la guérison.

Les endorphines sont les clés et les serrures du système de verrouillage de la souffrance. C’est grâce à elles que nous ne nous rendons pas compte que nous souffrons. Ce qui est intéressant avec le refoulement, c’est que c’est lui qui fixe les limites de la sensibilité. Tout le monde se croit « sensible » jusqu’à un certain point, jusqu’aux bornes fixées par le refoulement. Il faut qu’un grand pan du refoulement se soit écroulé pour qu’on s’aperçoive qu’on ne ressentait pas pleinement tout ce qui était en soi. Il faut avoir ressenti toute sa souffrance pour que l’échelle de la sensibilité se révèle dans toute son étendue. Sans le refoulement, il est probable que la plupart des êtres humains auraient trop souffert pour que la civilisation ait pu progresser. Le refoulement nous permet de continuer à travailler et à produire même lorsqu’on souffre terriblement. La souffrance active augmente les chances de survie tandis que le refoulement les diminue. Souffrance + refoulement = maladie. Souffrance + douleur = survie. Contrairement aux idées reçues, le fait d’éprouver sa souffrance va dans le sens de l’adaptation à long terme. Ne pas la ressentir, c’est avoir un comportement anti-adaptatif, sauf chez l’enfant, chez qui c’est justement une conduite favorisant l’adaptation, et c’est avec le temps que l’effet s’inverse. Dialectique implacable : ce qui nous a sauvé la vie au départ – le refoulement – est aussi ce qui finira par avoir notre peau.

♦ Niveaux de conscience et nature de l’esprit

La souffrance engrammée et son souvenir en première ligne sont les moins accessibles. Aucun langage ne pourra en faciliter la compréhension. Au contraire, cela ne fera que compliquer le problème. C’est la souffrance verrouillée et refoulée qui est à la base de la mauvaise communication entre les niveaux de conscience. C’est elle qui est responsable de l’espèce de fragmentation et de disjonction qui se produit. Les fonctions des différents niveaux de conscience ne sont pas interchangeables. Toute la compréhension intellectuelle du monde ne pourra rien changer au souvenir engrammé d’un accouchement par le siège. Chaque niveau de conscience ayant sa mémoire propre, on ne peut essayer de se rappeler un sentiment. Il faut le ressentir selon le mode qui lui est spécifique. C’est la conscience – le fait d’avoir revécu des événements précoces bouleversants – qui modifie le mode de fonctionnement du cerveau. Ce n’est pas en comprenant vos rêves que l’on peut changer sa vie. Inutile de s’imaginer qu’on peut changer en « comprenant » ses sentiments. Car la seule chose qui importe, c’est de les ressentir.

♦ Comment se forme l’empreinte des expériences précoces

La nature du rapport entre le système limbique et le cortex explique qu’on puisse avoir une connaissance uniquement « cérébrale » de soi et de son comportement, et qu’on puisse même se rappeler son enfance dans le détail, tout en étant coupé des sentiments qui sont les « tripes » des souvenirs. Le souvenir cortical peut être détaillé et complexe bien que détaché de sa composante douloureuse – une souffrance presque indescriptible et qui n’a rien à voir avec quelques larmes. Le souvenir est « déconnecté ». si on ne rétablit pas la connexion entre la pensée et le souvenir affectif, la composante douloureuse et pénible du souvenir va rester sous la forme d’une énergie verrouillée circulant dans le système. La thérapie primale permet de rappeler à petites doses cette composante douloureuse et de l’intégrer à la personnalité jusqu’à ce qu’il ne reste que peu d’inconscient. Car l’inconscient n’est en grande partie que de la souffrance qui n’a pas été intégrée. Nos besoins et nos sentiments étant verrouillés avant d’arriver à la conscience, cela nous permet de les « déjouer » symboliquement, d’imaginer des dérivatifs qui n’ont plus de connexion directe avec ces sentiments. On agit alors de manière indirecte. On travaille dur ou on fait le malin dans l’espoir de se sentir aimé, pour ne pas se laisser aller à désespérer de jamais être aimé. Pour le névrosé, être irréel c’est survivre. Il lui faut de l’espoir, aussi irréel soit-il. Tant qu’on sera habité par le sentiment qu’il n’y a rien à espérer, l’espoir continuera à jaillir, mais c’est quand même la désespérance qui façonnera notre vision du monde. Celui qui fait figure de perpétuel optimiste n’a peut-être pas le choix, sinon il risquerait de sombrer dans des abîmes de pessimisme et de désespoir. Il arrive que l’optimisme, qui passe pour une qualité, ne soit qu’une bonne défense qui nous empêche de voir la futilité d’un programme, d’un projet ou d’un effort donnés.

Le souvenir ancien cherche toujours à s’affirmer dans sa forme exacte, avec ses composantes physiologiques particulières. Ainsi certains sujets sont-ils sujets à de fréquentes crises d’hyperventilation inexplicables, parce que leur souvenir précoce de suffocation est toujours présent et qu’il est en train de remonter vers la conscience. Le souvenir ancien cherche toujours à s’affirmer dans sa forme exacte, avec ses composantes physiologiques particulières : ainsi celui qui a été privé d’amour au début de sa vie et dont le système continue à souffrir d’un manque d’amour à l’âge adulte, même s’il en reçoit beaucoup. Parce qu’il n’arrive pas à le ressentir ou à l’accepter. L’empreinte du souvenir annule la possibilité de trouver une satisfaction extérieure, parce que ce n’est pas d’une satisfaction d’adulte que le corps a besoin. Comme le système a besoin d’assouvissement mais qu’il le nie, c’est par le biais du déjouement qu’on va tendre à la satisfaction. Le corps sait bien que la guérison ne pourra se faire que dans le contexte original de la blessure et il s’efforce constamment de le reproduire. Pour guérir, il faut soigner ses plaies là où elles se trouvent ; si c’est à un niveau de conscience inférieur qu’on a subi des chocs précoces, il n’y a qu’à ce niveau-là que la guérison pourra se faire.

Si la psychologie pouvait comprendre et accepter l’idée que la guérison ne peut se faire que dans le contexte originel de la maladie … dans l’ensemble, le névrosé aura tendance à reproduire son environnement intérieur et ses réactions à l’événement qui l’a blessé initialement. Même lorsqu’on se rend compte de la présence d’une souffrance en soi, il est presque impossible d’en comprendre l’origine car le refoulement ne le permet pas. Le refoulement a pour fonction de nous maintenir en partie inconscients et de nous empêcher de guérir. Le système humain vit dans le passé, littéralement, et ce de toutes les façons possibles. C’est pourquoi le souvenir du passé prend le pas sur la réalité actuelle ; on réagit en premier lieu au souvenir, venu de l’intérieur, et seulement ensuite à la réalité, extérieure à soi.

Pour celui qui a été critiqué sans merci dans son enfance, une seule parole de critique peut suffire à produire un effet désastreux, même si elle s’accompagne d’une profusion de louanges. Parce que cette critique a ressuscité un ancien sentiment : celui de n’avoir aucune valeur. On ignore les compliments puisque l’unique critique est entrée en résonance avec le passé. Plus on a un passé douloureux, et plus on risque d’être facilement contrarié. Celui qui a beaucoup de colère en lui, par ex., sera constamment irritable, et le moindre obstacle suffira à déclencher son irritation de vieille date. Plus on souffre et plus la souffrance prend de la place dans le cerveau. Toutes les expériences présentes vont désormais passer par le filtre des empreintes, et les événements les plus neutres prendront une coloration douloureuse. Les événements les plus critiques sont généralement ceux qui surviennent durant la gestation, ainsi que pendant la naissance et directement après. La terrible solitude qu’un bébé peut éprouver après la naissance peut produire chez lui une hantise de la solitude et un besoin d’avoir constamment de la compagnie pour le restant de ses jours. Le seul moyen de libérer le système de l’empreinte et de son influence, c’est de regarder l’empreinte en face, au niveau de conscience auquel elle s’est gravée. Lorsqu’elle est ressentie consciemment, son énergie bioélectrique est enfin libérée et connectée à la conscience. L’empreinte rejoint alors les rangs des simples souvenirs. L’empreinte est la principale réalité qui se cache derrière de nombreuses maladies.

♦ Le comportement du névrosé : le déjouement symbolique

Le névrosé vit le présent comme si c’était le passé. Son comportement est une tentative de résolution symbolique de ses besoins et de ses traumatismes passés. Le « déjouement symbolique » signifie agir dans le présent tout en étant mû par la force d’un ancien besoin inconscient. Le moi irréel poursuit toutes sortes de projets fumeux et d’abstractions car il doit rester dans le flou pour ne pas ressentir la souffrance. Un adulte coupé de la perception de ses propres besoins ne sera pas capable de satisfaire ceux de son enfant. Pour l’adulte qui n’a pas pu satisfaire ses besoins d’enfant, le monde devient un substitut de ses parents et de ce qu’ils auraient dû faire pour lui. Prenons l’exemple d’un homme timide ; ce n’est pas normal d’être timide. Cet homme a toujours tout intériorisé car il s’est rendu compte très tôt qu’il ne pouvait pas parler de lui à ses parents, trop occupés à satisfaire leurs propres besoins. Cet homme se marie mais va rapidement connaître des problèmes conjugaux ; cet homme peut changer, mais pas du fait des autres qui le feraient « sortir de sa coquille » ; il changera s’il arrive à ressentir son besoin initial : le besoin de voir ses parents s’intéresser à lui. Or ressentir un tel besoin c’est connaître le désespoir. Et le désespoir est la clé du changement. En s’autorisant à ressentir son besoin d’être apprécié par les autres, cet homme-là  redécouvrira en effet le peu de cas que ses parents faisaient de lui. Alors qu’en gardant tout en lui, il maintenait la souffrance à distance. Le déjouement cache presque toujours une désespérance.

Le transfert freudien n’est qu’une forme de déjouement symbolique dans lequel d’anciens sentiments portés aux parents se reportent sur le thérapeute. Cela ne sert à rien d’analyser ce transfert et de comprendre le déjouement qui s’effectue vis-à-vis du thérapeute ; mieux vaut en ressentir la source, après quoi le symbole disparaîtra de lui-même.

♦ Le traumatisme de la naissance : marqués à vie par les séquelles de la naissance

Le névrosé est un être altéré, non seulement dans son corps mais aussi dans son cerveau. Tout traitement de la névrose doit tenir compte de ces modifications cérébrales. L’amour, la bienveillance et la tolérance ne suffisent pas, en psychothérapie. Ce n’est pas avec de l’amour qu’on arrive à se débarrasser de la névrose. Le souvenir n’est pas seulement quelquechose qui appartient à l’intellect. C’est chaque cellule de notre corps qui mémorise des souvenirs. C’est pourquoi il ne faut jamais négliger les traumatismes natals ou prénatals lorsqu’on étudie la fonction immunitaire ou les maladies chroniques graves. Le fœtus : 9 mois d’existence d’une importance cruciale, au cours desquels tout événement laisse sa marque indélébile ; 9 mois au cours desquels s’installe le substrat de la névrose. Les distorsions du fœtus produites par les traumatismes maternels ont tendance à se fixer, devenant des déformations prototypiques. La notion de « comportement prototypique » signifie qu’un traumatisme donné, engrammé dans le cerveau en développement d’un individu, et dans sa physiologie, va engendrer un type de réaction à la souffrance qui restera à jamais gravé sous forme de tendance ou de schéma. Le « comportement prototypique » est la mémoire des débuts de la névrose. Toute la superstructure de la personnalité repose en effet sur un prototype ; c’est lui qui détermine la personnalité et non l’inverse. A savoir qu’on aura beau modifier son attitude, ses symptômes ou son comportement, ça ne changera jamais rien au prototype. Car il s’agit d’une donnée physiologique et non d’une construction théorique.

2ème Partie : Les Formes de la Névrose

♦ Le stress, l’angoisse et la tension : symptômes de la maladie

Il existe un aspect du stress qui est rarement évoqué et assez mal compris ; il s’agit du stress primaire intérieur, présent en permanence dans le système, le stress que produit durablement la souffrance engrammée. L’empreinte de la souffrance peut suffire à maintenir le corps en état d’alerte, même en l’absence de toute menace extérieure. Le stress engrammé est la forme la plus insidieuse du stress parce qu’il est intangible. Il ne se voit et ne se sent pas. Il vit en nous, bien tranquillement, et nous ronge insidieusement.

L’angoisse est un signal de danger. Elle n’est donc pas névrotique en soi. Ce n’est qu’une peur justifiée mariée à un souvenir. En fait, l’angoisse est le contraire de la névrose car c’est un sentiment : la terreur qu’on ressent est réelle, même si elle est hors contexte. C’est pourquoi le fait de replacer l’angoisse dans son contexte initial permet de la résoudre. L’anxieux n’a pas besoin qu’on lui ouvre les yeux sur sa peur, elle fait déjà irruption dans sa conscience à tout bout de champ.

Croire qu’il suffit de « lâcher le morceau » pour s’affranchir d’un inceste ou de tout autre problème qui vous dérange, c’est supposer que la personne concernée sait ce qui est enfoui au plus profond d’elle-même. Or ce n’est pas par un effort conscient de notre part que les souffrances les plus critiques se révèlent, mais à la faveur du revécu d’anciennes expériences, en redescendant à des niveaux de conscience inférieurs dont on avait jusque là totalement ignoré l’existence.

La meilleure chose qui puisse arriver à un adulte, en dehors de l’élimination de la souffrance, c’est d’essayer de satisfaire les besoins éprouvés dans son enfance, et de fréquenter un « groupe de soutien » composé d’individus compréhensifs et tolérants, une sorte de famille de substitution qui va lui permettre d’adopter de nouvelles croyances, un nouveau système de valeurs. Ces croyances doivent s’opposer à la souffrance inconsciente qui nous conduit à penser qu’on est tout seul, que personne ne nous aime, qu’on n’a jamais eu et qu’on n’a toujours personne pour vous aider et vous guider.

L’individu tendu est « coincé » ; entièrement replié sur lui-même, il se maîtrise trop. L’anxieux est beaucoup plus vulnérable et dépendant, dans la mesure où l’empreinte génératrice de son angoisse date du tout début de la vie. Il existe un antidote simple à l’angoisse : ressentir la souffrance et la terreur qu’on a éprouvées au début de sa vie. Rappelons nous que le souvenir qu’on affronte dans l’angoisse est un souvenir de survie, ce qui explique pourquoi il est si durable, et pourquoi il doit le demeurer. C’est la mémoire d’un danger que nous trimbalons avec nous, presque à chaque instant de notre vie d’adultes. En même temps, malheureusement, ce réflexe qui nous avait sauvé la vie est aussi ce qui la met en danger, maintenant.

♦ Le désespoir malin : le refoulement et le système immunitaire

Le refoulement est un processus actif et gros consommateur d’énergie. Il ne s’arrête jamais parce que la souffrance non plus ne cesse jamais. C’est le refoulement qui a mené notre espèce là où elle en est aujourd’hui. L’age n’existe pas pour le refoulement. Il ne sait pas qu’il vieillit et que l’individu qu’il protège est devenu adulte et a suffisamment de maturité pour assumer ses souffrances. Le refoulement vit dans le passé, il fonctionne comme si la personne était toujours un bébé qu’il fallait protéger à tout prix. Et effectivement il protège notre moi infantile.

Qui dit connexion dit grande souffrance, naturellement, mais suivie de la guérison. La voie de la guérison passe par la souffrance et tout le monde ne veut ou ne peut en passer par là. Il peut être utile d’exprimer sa rage en thérapie, mais encore faut-il le faire dans le contexte propre à cette rage, en tenant compte de l’empreinte sinon ça n’aura pas d’effet curatif. Le refoulement a pour effet de diviser la personne en deux littéralement. Malheureusement ceux qui sont chargés de soigner les patients entretiennent ce clivage et le traitent comme un état de chose normal. Les humains souvent sont désespérés et tombent malades mais ils ne voient souvent pas le rapport. Ils sont le plus souvent inconscients de leur désespoir. Lorsque le traumatisme initial est insurmontable, le désespoir s’inscrit dans le système humain et y grave une empreinte. Il arrive parfois que l’enfant garde le souvenir d’une scène qui cristallise tout son désespoir, mais en général, tout cela est refoulé. Au niveau le plus superficiel, l’enfant n’est pas conscient de son désespoir et n’ose pas dire qu’il est désespéré, il ne se l’avoue pas à lui-même. Mais à un autre niveau, ce désespoir est bien là, sans paroles, et il va poursuivre son œuvre maléfique jusqu’à ce que, plusieurs dizaines d’années plus tard, peut-être, apparaisse une malignité ou une maladie mentale grave. Et c’est là tout le problème : la distance qui sépare l’empreinte initiale de la maladie qui en découle est si grande qu’il est presqu’impossible de faire le rapport entre les deux.

Les caresses et les contacts physiques affectueux améliorent la fonction immunitaire des animaux et des humains, c’est hors de doute. D’après certaines études, les cancéreux seraient en général des gens assez froids et rigides, avec de très gros besoins d’affection qu’ils tendent à dissimuler. Ces malades ont souvent eu des parents renfrognés, sévères et avares d’affection. Il est important de comprendre le rapport entre les états psychologiques et le système immunitaire. Se contenter de dire que le cancer peut venir d’une défaillance des cellules tueuses, c’est négliger un aspect capital du problème, à savoir que cette baisse d’activité reflète le refoulement précoce d’une souffrance importante. L’individu le plus prédisposé au cancer est celui qui a subi une naissance traumatique, généralement avec prédominance du mode parasympathique, suivie d’un profond refoulement, et aggravée par une enfance sans amour. On est un candidat tout désigné à la maladie quand on est fortement refoulé, qu’on intériorise tout, qu’on ne se ménage aucune alternative dans sa façon d’agir, et qu’on a des idées bien arrêtées et des valeurs morales rigides. Le refoulement est cancérigène, c’est clair. Mais ce n’est pas la solitude qu’on éprouve à 30 ou 40 ans, quand un être aimé vous manque, qui fait le plus de ravages ; c’est l’épouvantable solitude dont on souffre aux premières heures de la vie et qui grave son empreinte en nous.

La pensée positive prétend que l’on peut décider d’avoir des émotions positives ou négatives. Mais l’auteur ne croit pas qu’on puisse mobiliser dans le présent une force suffisamment puissante pour neutraliser notre histoire passée. Les symptomes sont l’inévitable résultat d’un conflit intérieur. Toutes les méthodes qui se contentent de manipuler le présent négligent les années d’expériences négatives qui ont contribué à engendrer la maladie. Des symptomes comme l’angoisse, la phobie, les obsessions, l’hypertension … sont des sonnettes d’alarme. Elles nous signalent qu’il y a des problèmes à régler, en rapport avec des besoins inassouvis et des blessures secrètes. Le stress, le désespoir, la solitude ne sont pas toujours visibles pour un observateur extérieur. Certains vivent dans une inconscience si totale qu’ils dissimulent de tels sentiments. Tout le monde est stressé, et pourtant le stress est comme un grand secret inavouable. On a beau crouler sous le fardeau du stress, on ne voit rien. Avant de venir nous voir, nos patients sont souvent déjà allés consulter des quantités de spécialistes pour toutes sortes de maladies. Chaque médecin s’est borné à traiter un de leurs symptomes comme s’il s’agissait d’une maladie spécifique, et tous sont passés à côté de la cause sous-jacente du problème, qui était le même pour tous les troubles. En réalité, ils couraient tous après l’empreinte.

♦ La maladie est un cri silencieux

Pourquoi tombons nous malades ? parce que nous le sommes déjà sans le savoir. Pour compliquer l’affaire, non seulement le sujet ne se rend pas compte qu’il en est atteint, mais confronté à l’éventualité de l’être, il la niera farouchement. Une fois la névrose installée, c’est juste une affaire de temps pour que ses symptomes apparaissent, qu’ils soient physiques ou mentaux. Mieux la maladie est dissimulée, et plus elle fait des ravages. Ce sont les événements les plus mystérieux, comme ce qui se passe dans l’utérus ou autour de la naissance, qui font généralement le plus de dégâts, parce qu’ils frappent un cerveau naïf et vulnérable. C’est souvent ce type d’événement qui est responsable de nombreuses maladies désastreuses, comme le cancer, même si la distance qui sépare le cancer du traumatisme initial a de quoi défier l’entendement. Les choses qui nous font le plus souffrir sont aussi les plus difficiles à débusquer. La vérité sur notre mal cherche constamment à s’exprimer chez nous tous, mais elle se fait brutalement repousser par la lourde poigne du refoulement. Bien sûr que les symptomes ont leur réalité propre et qu’il convient de les soigner. Mais l’ennui est que les spécialistes ont savent de plus en plus sur les symptômes et de moins en moins sur les origines de ces symptômes, et sur les êtres humains chez qui ils se manifestent. Le médecin a un sacré handicap : il peut certes constater l’hypertension qu’il observe de ses propres yeux, mais ce qu’il ne peut pas voir, c’est le bébé de 6 mois qui pleure dans son berceau, tout seul, terrorisé, ou l’enfant de 5 ans excessivement brimé par des parents excessivement critiques et tyranniques. En admettant même que ces traumatismes précoces soient reconnus et compris, un spécialiste aurait du mal à saisir qu’ils aient pu rester dans le système pendant des décennies, entièrement inchangés.

Le névrosé vit en état de siège, en butte aux attaques d’un souvenir douloureux qui lui est étranger, mais qui essaie de s’insinuer dans sa conscience. Le névrosé passe tout son temps à essayer de rester inconscient, même s’il s’efforce par ailleurs d’étendre le champ de ses connaissances. C’est souvent parmi les gens les plus cultivés qu’on trouve les plus inconscients, car leurs vastes connaissances sont au service du refoulement. C’est pourquoi la conscience est le remède spécifique qui convient à une large gamme de maladies, l’inconscience étant le facteur essentiel de ces troubles. On prend du lithium comme si c’était une panacée pour la dépression, sans même se demander pourquoi on est déprimé. La réponse est enfouie si loin en nous que du reste, la plupart des gens préfèrent ne même pas se poser la question. C’est notre désespérance profonde et essentielle qui entretient la flamme d’un éternel espoir et nous force à croire en quelque chose, régime macrobiotique ou gourou.

La thérapie primale est un moyen de recouvrer ses sentiments. Si on a dû inventer des techniques pour remonter jusqu’à la racine des sentiments, c’est uniquement parce que les systèmes de défense de nos contemporains étaient devenus trop complexes. Le système de refoulement est un système auxiliaire qui prend les commandes lorsqu’on n’est plus capables de réagir de façon naturelle. Il est chargé de retenir nos sentiments naturels. Ainsi il n’y a pas que dans nos réactions que nous ne sommes pas naturel.

Pour en savoir plus, vous pouvez vous rendre sur le site du Primal Center

Qui suis-je ?

Je ne suis rien en fait. Je crois être, mon ego se dit le roi, l'empereur; il règne sur un royaume de nuages, d'inconsistances, d'illusions. Je ne suis rien et mon ego veut être quelque chose, quelqu'un, il veut exister.
Mais je sais que je ne suis rien, je sais que c'est l'existence qui est, qui me donne asile pour un temps, une vie. Je sais que je ne suis rien et qu'elle seule est.
Et ce 'savoir' m'enrichi, me met dans la joie. Je prends enfin ma place, j'ai retrouvé ma juste place, l'harmonie du monde est de nouveau là, je ne la dérange plus.
Ainsi prend fin plusieurs générations d'outrecuidance, de blasphème, de mensonge; l'humilité est de retour, que la fête commence !

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Sourate du vide


Désapprendre. Déconditionner sa naissance.
Oublier son nom. Être nu.

Dépouiller ses défroques. Dévêtir sa mémoire.
Démodeler ses masques.

Déchirer ses devoirs. Défaire ses certitudes.
Désengranger ses doutes. Désemparer son être.

Débaptiser sa source. Dérouter ses chemins.
Défeuiller ses désirs. Décharner ses passions.

Désacraliser les prophètes. Démonétiser l'avenir.
Déconcerter l'antan. Décourager le Temps.

Déjouer la déraison. Déflorer le délire. Défroquer le
sacré. Dégriser le vertige.

Défigurer Narcisse. Délivrer Galaad. Découronner
Moloch. Détrôner Léviathan.

Démystifier le sang. Désosser le singe. Déshériter
l'ancêtre.

Désencombrez votre âme. Déséchouez vos échecs.
Désenchantez le désespoir. Désenchaînez l'espoir.

Délivrez la folie. Désamorcez vos peurs.
Désarrimez vos cœurs. Désespérez la Mort.

Dénaturez l'inné. Désincrustez l'acquis. Désapprenez-vous.
Soyez nu.

Jacques Lacarrière

Rencontre avec une tasse de Thé

Pendant mon séjour à Taiwan j'ai eu ce désir d'en apprendre plus au sujet des différents thés, de leur cheminement de la cueillette à la tasse. Une amie m'a donc amené dans un "échoppe à thé" où j'ai pu poser mes questions et goûter différents thés. Nous dégustions, 'thés blancs', 'thés verts', 'thés pauvres' et des thé plus fermentés comme les 'Oolong' tout en apprenant comment ces thés prennent naissance ainsi que l'art de les servir.

Notre "maître de thé" nous montrait chaque thé, le préparait, nous le faisait humer puis nous le servait en nous donnant quelques indications sur sa provenance. Nous le savourions ensuite lentement ensemble. De fait, une expérience similaire à une dégustation de vin. Observer notre "maître de thé" oeuvrer était également une expérience en soi.
Les instruments qu'elle utilisait, les récipients, sa gestuelle, tout concourait à faire de cette expérience un moment de méditation.
Verser la bonne quantité de thé, refroidir l'eau dans un petit récipient en verre après qu'elle ait bouilli de sorte que le thé ne subisse pas de choc thermique, verser doucement cette eau légèrement refroidie sur le thé pour le réveiller, la jeter ensuite, verser une eau neuve pour que le thé puisse diffuser sa saveur. Sentir le couvercle de la théière de temps à autre pour vérifier le 'juste moment'. Tout un rituel donc avant qu'elle ne verse le thé dans de minuscules tasses, pour le regarder, le humer et le boire doucement.

Nous sommes ainsi passé des thés blancs aux thés verts puis aux thés fermentés, tel le Oolong jusqu'à ce qu'elle nous demande si nous aimerions goûter un thé de plus de 80 ans.
Un thé de 80 ans… ?
Je m'étonne, parlons-nous de thés ou de cognac ?
Bon d'accord, essayons…
La première gorgée avait un peu le 'goût du bois' et ne me plaisait pas trop en fait, peut être du fait de tous ces autres thés que nous avions bu avant cela, peut être aussi parce que c'était la 'première mouture'.

Notre 'maître de thé' nous prépare et verse une deuxième tasse, plus soutenue en couleurs, presque de l'ambre. Je prends un moment pour le humer, le regarder, puis commence à le boire doucement.
Soudain tous mes sens sont en alerte, quelque chose est en train de se passer ici. Une rencontre se produit, c'est comme si le thé me parlait, comme si le thé avait une âme. Ce n'est plus du thé, une boisson attrayante, c'est comme un ami qui vient me rendre visite, une communion s'opère.
Je ne bois pas le thé, le thé n'est pas bu non plus, il n'y a ni 'moi' ni 'thé', mais seulement une union, une unité.
Heureux moment, moment béni, moment divin, moment silencieux !
Tout que je peux articuler est : ‘ce thé a une âme’.
Ce thé a touché mon coeur, je me sens reconnaissant envers ce thé pour m'offrir une telle occasion, un si divin moment.

Quelle expérience cela a été !, la transcrire en mots n'est pas facile, surtout après quelques jours. N'importe quel thé ou boisson peut-il concourir à une telle expérience ? Cela dépend sans doute plus probablement de combien je suis ouvert à 'ce moment', 'cet instant ci'. Les thés précédents, l'ambiance, l'état de détente ont sans aucun doute ouverts la voie à cette expérience. Ce 'vieil ami' porte néanmoins en lui 'quelque chose' et c'aurait été dommage de passer à côté.
Namaste 'vieil ami', Je me prosterne devant toi 'vieil ami', saluant le Bouddha en toi.

En gratitude
Rakendra,
Taichung, Taiwan Septembre 2007

Voyage vers l'Est...

Un intensif s'achève, un autre est sur le point de commencer et je reste ébahi devant ce que ces intensifs m'apportent chacun à leur tour. Animer, ou plutôt conduire un Intensif reste toujours un peu un mystère – je ne sais jamais ce qu'il va se passer pour moi. 
Tout autant que pour les participants, c'est aussi pour moi une occasion de croître, de m'enraciner un peu plus dans cette présence qui est là, immobile, impalpable et pourtant si tangible.

~ Qu'est-ce que la vie? ~

« C'est la l'éclat d'une luciole dans la nuit
C'est le souffle du bison en hiver
C'est l'ombre qui court dans la prairie et se perd dans un coucher de soleil
» 

Poème Navajo

Quel sens à la vie ? Qu'est-ce que vivre ? Un engagement dans le 'monde', pour une cause, une idéologie, fut elle au service du 'bien', est-ce cela le sens de la vie ?
Lorsque je regarde ce qui anime notre monde d'aujourd'hui, les prises de position politiques, la guerre ici où là, les querelles à propos du Tibet, de la Palestine, la consommation effrénée de produits éphémères, toute cette agitation pour un 'mieux vivre', etc….
Est-ce cela le sens de la vie ?

Qui y t'il de réel dans tout cela ? N'est-ce pas tout simplement un indice de fièvre d'une tentative de survie d'un monde en proie à la peur de l'anéantissement ?
Qu'en est-il de nos états émotionnels, toujours fluctuants, sans cesse à la dérive ? Est-ce cela vivre ? 
Il me semble que si l'existence nous a donné, à nous humain, cette possibilité d'être conscient, c'est sans doute dans un but plus précis.
Nous sommes tous - minéraux, plantes, animaux, humains - issus du non-manifesté, de cette conscience universelle, de cette force de vie qui régie l'univers. Hier nous n'existions pas encore, aujourd'hui nous existons et demain nous ne seront plus. Un voyage du non-manifesté au non-manifesté en passant par le manifesté.
Je veux croire que ce voyage porte en lui-même son sens, celui du non-manifesté de devenir conscient de lui-même. De boucler la boucle de la conscience, être conscience. 
Seul l'homme laisse des traces, semble t-il indélébiles, sur son passage, n'a-t-il pas une autre mission, plus noble, plus existentielle que celle de spolier le sol sur lequel il se trouve ? 

En Partage
Rakendra
Khabarovsk_Juin 2007

Intensif d'Éveil_Les Questions

Dans la tradition du Zen, et plus particulièrement dans celle de l’école Rinzaï au Japon, des questions-rébus appelées ‘koans’ sont utilisées pour provoquer le pratiquant à trouver la vérité en lui-même. Un koan ne peut pas être résolu par une réponse logique, la réponse ne peut être qu'expérimentale et non mentale. Lorsque le mental est épuisé d'essayer et d'essayer de répondre et de comprendre, il lâche et vous êtes alors disponible pour éprouver la vérité existentielle de la réponse.

Pareillement, les intensifs d’éveil, utilisent les questions traditionnelles comme « Qui suis-je ? » ou « Que suis-je ? » pour pointer vers une expérience d’être. Des questions plus spécifiquement orientées comme : « Qu’est-ce que l’amour ? » sont également utilisées pour permettre l’expérience d’une qualité, d’un aspect de notre essence.
S’auto-interroger avec ces questions-koans permet également au participant de prendre conscience de ses croyances, de ses idées préconçues et de ses conditionnements en regards d’un aspect de lui-même. C’est lorsqu’il communique dans sa totalité ce dont il a pris conscience lors de son intention de faire l’expérience directe de sa question qu’une clarification s’opère, avec, dans son sillage, un lâcher prise.

Questions-Koans utilisées durant les intensifs de trois jours
Qui vit en toi ? → Dis-moi qui vit en toi
Qui suis-je ? → Dis-moi qui tu es
Que suis-je ? → Dis-moi ce que tu es
La Vie → Dis-moi ce qu’est la vie
Un Autre → Dis-moi ce qu’est un autre

Questions-Koans utilisées durant les intensifs plus longs
Les mêmes que ci-dessus plus :
La Relaxation → Dis-moi ce qu’est la relaxation
La Confiance → Dis-moi ce qu’est la confiance
La Sexualité → Dis-moi ce qu’est la sexualité
La Beauté → Dis-moi ce qu’est la beauté
L’Amour → Dis-moi ce qu’est l’amour
La Vérité → Dis-moi ce qu’est la vérité
La Liberté → Dis-moi ce qu’est la liberté
Seul → Dis-moi comment tu es lorsque tu es complètement seul
La Conscience → Dis-moi ce qu’est la conscience
Mῡ → Dis-moi ce qu’est mῡ
Vraie Nature → Dis-moi ta vraie nature

« Il s’agit seulement de se départir, pas ceci, pas cela et, lorsqu’il ne reste plus rien à lâcher, alors l’explosion. Ne t’accroche à rien, à aucune pensée. Continue, continue jusqu'au vide. »

♦ Une histoire Zen….
« J'ai entendu parler d'un enfant, Toyo et de ses méditations.
Il avait à peine douze ans lorsqu'il estima avoir besoin de quelque chose qui l'aiderait à méditer. Aussi, un soir, il alla voir le maître zen Mokurai. Il heurta doucement le gong pour annoncer sa venue et s'assit devant le maître, dans un silence respectueux.
Le maître dit : « Toyo, fais-moi entendre le son que produit le battement de deux mains. »
Toyo frappa dans ses mains.
« Bien, dit le maître. À présent, fais-moi entendre le son que produit le battement d'une seule main. »
Toyo resta muet et immobile.
Au bout de quelques instants, il s'inclina et partit pour réfléchir sur le problème. Le soir suivant, il revint et frappa le gong d'une main.
«Non, dit le maître, ce n'est pas cela. »
Le lendemain, Toyo joua d'un instrument de musique en n'utilisant qu'une seule main.
«Non, dit le maître, ce n'est pas cela. »
Inlassablement Toyo revint chaque soir avec une nouvelle réponse et le maître répondait invariablement : « ce n'est pas cela. »
Toyo passa ses jours et ses nuits à chercher des sons inédits, mais ils étaient tous rejetés. La question était tellement absurde qu'aucune réponse ne pouvait être exacte. Et lorsqu’au onzième soir Toyo se présenta devant le maître, avant même qu'il n'ait dit quoi que ce soit, le maître lui dit : «Non, ce n’est toujours pas cela ! »
Toyo renonça alors à venir voir Mokurai.
Pendant un an, il chercha chaque son possible et les élimina les uns après les autres et lorsqu’il n’y eu plus rien à éliminer l'illumination explosa. Lorsqu’il eu cessé d’être il retourna auprès du maître, entra sans toucher au gong, s'assit et s'inclina. Il ne disait rien, seul le silence était là.
Alors le maître dit : «Ainsi donc, tu as entendu le son qui n’a pas de son ! »

Osho, extrait de : Une tasse de Thé
Lettre 215

Intensif d'Éveil_L'emploi du temps

L’emploi du temps d’un intensif d’éveil laisse émerger, par son exigence et sa régularité, un environnement sécurisant et porteur au sein duquel les participants sont à même de laisser de côté toutes autres préoccupations pour engager leur entière attention au service de leur quête.
La journée commence tôt et finie tard. Il y a jusqu’à dix exercices de communication (Dyades) par jour. Elles sont entrelacées avec d’autres activités méditatives comme les méditations actives, les marches en silence, le travail, les repas ou le repos. De cette façon la journée devient une 
une auto-interrogation continue.

Première Soirée
20:00 - 21:00 → Introduction et exposé de la méthode
21:00 - 21:40 → Dyade 1
21:45 - 22:00 → Snack + 15 min pour se préparer au repos de nuit
22:00 - 06:00 → Repos de nuit [8h00]

Chaque Jour
06:00 - 06:15 → Réveil
06:20 - 07:00 → Dyade 1
07:00 - 08:10 →  Méditation Dynamique [70min explications uncluses]
08:10 - 08:50 → Dyade 2
08:50 - 09:30 → Petit déjeuner, douche [40min – Gong à 9h25]
09:30 - 10:15 → Travail en tant que méditation [40min – Gong à 10h10]
10:15 - 10:55 → Dyade 3
11:00 - 11:40 → Dyade 4
11:45 - 12:55 → Méditation Active ou marche contemplative [70min explications incluses]
13:00 - 13:40 → Dyade 5
13:40 - 15:00 → Déjeuner et Repos [1h20 – Gong à 14h55]
15:00 - 15:40 → Entretien et questions/réponses
15:45 - 16:05 → Assise en silence
16:10 - 16:50 → Dyade 6
16:55 - 17:35 → Dyade 7
17:40 - 18:20 → Méditation Active ou marche contemplative [70min explications incluses]
18:20 - 19:30 → Diner and Repos [1h10 - Gong à 19h25]
19:30 - 20:10 → Dyade 8
20:15 - 20:55 → Dyade 9
21:00 - 21:15 → Exercices de respiration ou activité physique pendant 15min
21:20 - 22:00 → Dyade 10
22:00 - 22:15 → Snack + 15 min pour se préparer au repos de nuit
22:15 - 06:00 → Repos de nuit [7.45]

Après-midi du dernier jour

13:40 - 15:00 → Déjeuner et Repos [1h20 – Gong à 14h55]
15:00 - 15:40 → Dyade 6
15:45 - 16:25 → Assise en silence
16:25 - 17:10 → Dyade 7
17:15 - 17:35 → Dyade d’intégration
17:35 - 18:00 → Entretien & Conclusion

♦ Deux histoires intemporelles….
« La nuit où bouddha atteint l’éveil, il s’assit sous un arbre et dit : « Je ne me lèverai pas d’ici de toute ma vie si je n’atteins pas l’éveil. C’est fini, c’en est fini avec faire tout ce que je peux pour cela. Je vais rester assis ici, cet arbre deviendra ma tombe. » Une décision totale ; à ce moment là il a lâché complètement toute peur de prendre une décision. Une décision totale. Méditez là dessus !
Et cette nuit là, au matin il s’est éveillé à sa vraie nature.

J’ai entendu une histoire à propos du mystique soufi Baba Shaikh Farid
Farid était en train de prendre son bain dans le Gange, un jeune homme approcha de Farid et lui demanda comment il pourrait trouver dieu. Baba Shaikh Farid prit l’homme à bras le corps et l’entraina dans la rivière. Lorsqu’ils eurent assez de profondeur, il força l’homme sous l’eau. Je jeune homme se noya presque avant que le saint ne le relâche.
« Pourquoi avez-vous fait cela ? » suffoqua-t-il d'un ton incrédule.
« Lorsque tu désireras dieu autant que tu désirais de l’air quand tu étais sous l’eau, tu le trouveras répondit Farid.»

« Le désir doit devenir si intense que vous risquez tout ce que vous avez. La passion pour la quête doit devenir si totale que pas un seul doute ne peut vous faire hésiter. L’intensité même apportera la vérité. Cela peut se produire en un instant ! Il vous suffit simplement de devenir un feu intérieur intense. La décision doit être totale. C’est difficile bien sûr mais tout le monde doit passer par cette difficulté au moins une fois. La vérité est à ce prix et il n’y a pas d’autre façon de la payer. Il vous faut mettre votre être tout entier sur l’hôtel. C’est le seul sacrifice nécessaire. »

Osho, extrait de : The Search
Entretien 6 - Taming the Bull

Intensif d'Éveil_Les Conventions et l'Engagement

Lors d’un intensif d'éveil, quelle qu’en soit la durée, les participants sont invités à observer un ensemble de conventions dont le seul but est de faciliter le bon déroulement du séminaire tout autant que le processus de chacun.
Ces conventions portent essentiellement sur le fait de rester en silence durant tout le temps de l’intensif et sur le retrait de toutes distractions périphériques afin de permettre à chacun de consacrer sa totale attention et énergie à sa recherche intérieure.
En dernier lieu mais tout aussi important, cet engagement a également pour finalité de faciliter la création d’un environnent sans jugement de valeur afin de permettre à chacun de s’ouvrir en confiance a lui-même et aux autres.

Les Conventions et l’Engagement demandé
Nous demandons à chacun d’entre vous d’observer les conventions qui suivent dans le but de faciliter votre propre processus tout autant que celui des autres participants.

Pour la durée de cet intensif d’éveil vous serez dans le silence et dans l’isolement.
Ce qui veut dire :

  • De garder le silence lorsque vous n’êtes pas dans un exercice de communication, faites de votre mieux pour minimiser les distractions et soyez respectueux du processus de chacun. Sentez-vous libre de parler à l’équipe d’animation si vous avez besoin d’aide.
  • Abstenez-vous de tout contact physique avec les autres participants, abstenez-vous de tout contact sexuel que ce soit avec un autre ou avec vous-même.
  • Soyez conciliants envers les autres participants et compréhensifs envers tous, y compris l’équipe d’animation. 

Pour la durée de cet intensif d’éveil

  • Abstenez-vous de toute activité d’embellissement - maquillage pour les femmes ou rasage pour les hommes. Ne portez ni bijoux ni boucle d’oreilles.
  • Renoncez à utiliser vos réveils, téléphones portables, ordinateurs, etc… nous prendrons soins de vous réveiller et de vous appeler pour toutes les activités et nous vous demandons d’être à l’heure pour chaque activité.
  • Renoncez à écrire dans votre journal, à la lecture, à écouter de la musique ou à regarder des vidéos.
  • Renoncez à toute boisson comportant de la caféine, au tabac et aux drogues euphorisantes.
  • Informez l’équipe d’animation de toute médicamentation qui vous est prescrite, de toute contrainte physique pouvant ralentir votre processus.
  • La nourriture servie au cours de cet intensif est principalement végétarienne. Ne mangez que ce qui vous est servi et abstenez-vous de finir les assiettes des autres participants. Si vous avez apporté des en-cas ou des friandises, nous vous demandons de les garder avec vos affaires et de vous abstenir de les consommer. Informez l’équipe d’animation de toute intolérance alimentaire que vous pourriez avoir.
  • Mettez de côté toutes les pratiques ou exercices physiques et/ou mentaux que vous pratiquez habituellement et engagez-vous à pratiquer la technique proposée ici avec détermination et du mieux que vous le pouvez.

Confidentialité
Au cours des exercices de communication, abstenez-vous de commenter sur ce que votre partenaire a dit ou de passer des jugements de quelque manière que ce soit, verbalement ou non verbalement.
En dehors de l’intensif, abstenez-vous de dire quoi que ce soit sur le processus d’un autre participant.

Levez la main en signe d’acquiescement et d’engagement à suivre les conventions énoncées ci-dessus.
Merci.

♦ Une histoire Soufi…
« L’engagement crée la liberté.
Lorsque vous vous engagez dans un mouvement, vous le faites avec tout votre corps.
Lorsque vous vous engagez dans un sentiment, votre passion donnera de la force à votre message.
Lorsque vous vous engagez dans une danse, votre sentiment vous porte au-delà de vos limitations.
Lorsque vous vous engagez à suivre votre voie, donnez-vous entièrement à votre façon de croître.
Des miracles se produisent… les obstacles s’évanouissent, les montagnes s’abaissent devant vous, le ciel s’ouvre au-dessus de vous et vous vous découvrez transformé.»

Aziza Sa'id

Intensif d'Éveil_La Technique de Communication

Cette technique de communication moderne, de style Zen, a été développée vers la fin des années soixante par un américain, Charles Berner. Elle porte en elle bien plus qu’il n’y apparait de prime abord. C’est une dance d’activités Yin et Yang avec le partenaire dans l’échange des rôles entre communication et écoute, tout autant qu’en soi-même avec l’alternance de contemplation et de communication.
L’un des aspects de cette technique est masculin, direct, volontaire → donner l’instruction, tourner son attention vers l’intérieur, avoir l’intention de, communiquer, remercier.
L’autre aspect est plus féminin, s’abandonner, accueillir → être réceptif, écouter sans jugements ni commentaire, être ouvert à quoi que ce soit qui se présente dans le champ de conscience.

Tout comme dans la danse de la vie, faire et laisser faire sont à l’œuvre dans cette technique et l’aspect de non-faire est de loin le plus important. C’est dans le 'non-faire' et non dans le 'faire' que peut se révéler la vérité.
La pratique de cette technique d'instant en instant au cours d’un intensif d’éveil mène au-delà de tout ce que l'on peut imaginer.


La technique de communication point par point
(Avec changement de rôle toutes les cinq minutes)

Position
Deux personnes s’asseyent face à face, à une distance confortable l'un de l'autre. L’un commence en tant que partenaire réceptif et l’autre en tant que partenaire actif.

Instruction
Le partenaire réceptif donne l’instruction : « Dis-moi qui tu es »

Réception
Le partenaire actif accepte cette instruction du partenaire réceptif.

Tourner son attention vers l’intérieur
Le partenaire actif entreprend de faire l’expérience directe de qui il est, en contactant dans un premier temps la réalité de lui-même dans l’instant.
Il prend conscience de qui il est, dans l’instant, du mieux qu’il peut.
Il entreprend ensuite d’en faire directement l’expérience.

Contemplation
Tout en poursuivant avec son intention, il reste ouvert à celle-ci, et à tout ce qui peut se montrer dans son mental, ses émotions ou son corps en tant que résultat de cette intention.

Communication
Le partenaire actif transmet au partenaire réceptif tout ce qui s’est présenté dans le champ de sa conscience conséquemment à son intention, sans ajouter ni retrancher ou omettre quoi que ce soit.

Écoute
Le partenaire réceptif regarde, écoute et reçoit complètement la communication sans la commenter, acquiescer ou l’évaluer en aucune façon.

Poursuite
Le partenaire actif renouvelle le processus de tourner son attention vers l’intérieur et de communiquer tout en veillant à garder un équilibre de temps entre les deux et ce, jusqu’à ce que le gong de changement de rôle retentisse.

Reconnaissance
Lorsque le gong de changement de rôle retentit, le partenaire réceptif dit : « merci » en reconnaissance à son partenaire pour avoir répondu à l’instruction initiale.

Changement
Le partenaire actif donne alors l’instruction au partenaire réceptif et les rôles s’inversent.

Fin
La dyade continue jusqu’à ce que le gong de fin retentisse

Conseil et Notes
Pratiquer cette technique du mieux que vous le pouvez et acceptez cela. N’essayez pas de la maîtriser dès le début mais travailler graduellement à cela.

Cette technique peut également se pratiquer avec un cycle de changements naturels. Ce qui veut dire que le changement de rôle se fait lorsque le partenaire actif à complété son cycle de communication.
Dans ce mode de pratique, il y a seulement un gong final.
Le cycle de changements naturels est une façon plus spontanée de pratiquer, cela demande toutefois de la part des deux partenaires d’être centrés et de bien connaître la technique de façon à ne pas laisser le mental dériver vers quelque chose qui ne soit pas le résultat de l’intention initiale. Pour cette raison, le changement rythmé de cinq minutes en cinq minutes est plus facile pour les débutants, il leur donne un cadre de temps sécurisé au sein duquel ils peuvent contempler et communiquer sans se soucier d’autre chose que de leur intention.

Enfin et surtout...
Une immense gratitude et une profonde reconnaissance envers Charles Berner pour avoir développé cette technique de communication et le cadre qui la sous-tend.

♦ Une histoire Zen….
« La nonne Chiyono étudiait depuis des années mais n'arrivait pas à atteindre l'illumination. Une nuit, elle portait un vieux seau rempli d'eau et tandis qu'elle marchait elle admirait la pleine lune reflétée dans le seau. Soudain les liens de bambou qui maintenaient le seau se rompirent et le seau se disloqua. L'eau s'écoula, le reflet de la lune disparut et Chiyono fut illuminée.
Elle écrivit ce poème :

« Par tous les moyens j’ai essayé de maintenir le seau en état,
espérant que les frêles bambous ne rompraient pas.
Soudain le fond tomba.
Plus d'eau, plus de lune dans l'eau.
Le vide dans ma main. »


« L'illumination se produit quand elle se produit, vous ne pouvez pas la gérer ou la provoquer. Vous pouvez toutefois faire beaucoup pour qu’elle se produise. Cependant, quoi que vous fassiez ne fonctionnera pas comme une cause. Quoi que vous fassiez ne vous apportera pas l’illumination, cela vous préparera seulement à la recevoir. Elle vient quand elle vient. Quoi que vous fassiez vous prépare simplement à la recevoir, à la voir lorsqu’elle se produit, à la reconnaître lorsqu’elle vient.
Elle se produit… mais si vous n’êtes pas prêt, vous la manquez continuellement. Elle se produit à chaque instant. Chaque respiration qui entre et qui sort vous apporte l’illumination parce que l’illumination est la matière même de l’existence, ce qui la compose. La problématique est de la reconnaître, le problème est de voir qu’elle est là. »

Osho, extrait de : The Secret of Secrets
Entretien 17 - A little bit of sky

Intensif d'Éveil_Les Méditations Actives

Les méditations actives sont utilisées dans les intensifs d’éveil pour permettre aux participants de traverser plus rapidement les barrières physiques et émotionnelles et dans le même temps à s’ancrer dans un espace de méditation, d’être témoin. Elles aident également à créer un équilibre entre activités physiques et non physiques.
Toutes les activités d’un intensif d’éveil, travailler, manger, marcher, se reposer et même dormir pointent dans la direction de ce ‘être témoin’, de lâcher ce faux sens du moi ‘d’être celui qui fait’.

La structure même des méditations actives va dans ce sens.
On les appelle méditations ‘actives’ par opposition aux autres méthodes plus passives de méditation telles que l’assise en silence du Zen (Zazen) ou la méditation Vipassana. Elles furent développées dans les années soixante-dix par un maître indien Osho. (1931-1990)

Les méditations actives utilisées lors d’un intensif d’éveil
La méditation Dynamique est pratiquée chaque matin après la première dyade de communication. Elle aide à mettre en mouvement l’énergie vitale et offre un espace où il est possible de lâcher les sentiments ou émotions réprimés. Elle facilite l’enracinement dans le centre sexuel, là où réside notre force de vie. La phase non-active de cette méditation donne la possibilité d’entrer dans cet espace du ‘être témoin’.

Pour mieux connaître cette méditation et de ses différentes phases.


La méditation Mandala prend place en fin de matinée les deux premiers jours de l’intensif. Cette technique donne de l’espace au centre du Hara pour ensuite ouvrir le troisième œil. Cette méditation stimule la concentration et permet de se centrer dans cette immobilité intérieure toujours présente. C’est un très bon outil pour maintenir et renforcer le contact avec notre intention..

Pour mieux connaître cette méditation et de ses différentes phases.


La méditation Kundalini se pratique en fin d’après-midi. Elle permet de déverrouiller les tensions physiques accumulées durant la journée pour les laisser fondre doucement, créant ainsi un espace neuf et vide où le silence peut prendre toute sa place. Être à l’écoute de son partenaire à partir de cet espace vide, c’est entrer dans une écoute plus authentique.

Pour mieux commaître cette méditation et de ses différentes phases.


La méditation Nataraj est souvent utilisée le dernier jour en fin de matinée. Danser pendant quarante minutes laisse naître un contact intime avec soi-même où les sentiments de joie et de célébration émergent naturellement. Elle est aussi une invitation à ‘se perdre dans la danse’ et ainsi entrer dans cet espace où seule la danse est. 

Pour mieux connaître cette méditation et de ses différentes phases.


♦ Une histoire Zen…
« Riko, un éminent philosophe officiel demanda un jour à l’étrange maître Zen Nansen de lui expliquer cet ancien koan de l’oie dans la bouteille.
Si l’on met un oison dans une bouteille et si on le nourrit jusqu’à ce qu’il devienne adulte, comment peut-on le retirer de la bouteille sans tuer l’oie ni casser la bouteille demanda Riko ?
Nansen frappa fortement dans ses mains et cria ‘Riko’ !
Oui maître dit l’officiel en sursautant.
Vois, dit Nansen, l’oie est dehors ! »

« Le problème est seulement de voir, la question est seulement d’être alerte, lucide, éveillé. Il s’agit seulement de s’éveillé. Si vous êtes dans un rêve, l’oie est dans la bouteille, si vous êtes éveillé, l’oie n’a jamais été dans la bouteille. »

Osho, extrait de : The Goose is Out
Talk 1 – The goose is out!

Intensif d'Éveil_Les Activités Silencieuses

Le silence est une aide et un soutient extraordinaire pour tout voyage intérieur. Au cours d’un intensif d’éveil, l’on demande aux participants d’être en silence à tout moment, excepté bien sûr durant les exercices de communication (les dyades). Toutes les activités, travailler, manger, marcher, se doucher, se reposer se font en silence et sont considérées comme des temps d’intériorisation qui favorisent l’auto-investigation en cours.

L’une de ces activités silencieuses est ce que l’on nomme : ‘le travail en tant que méditation’. Au cours d’une période de quarante minutes, une tâche simple à accomplir est proposée à chaque participant. L’emphase est sur « qui » fait ce qui est à faire et sur la qualité apportée à l’acte et non sur le résultat de la tâche.
Un maître Zen avait coutume de dire : « Lorsque vous nettoyez une pièce ou faites la vaisselle, c’est vous qui vous nettoyez, l’attention que vous portez à vos gestes, la totalité de votre intention vous nettoie et, indirectement, la pièce ou la vaisselle se trouvent être nettoyées. »
Cette pratique de faire les petites choses du quotidien en silence, tout en maintenant l’intention d’être dans l’expérience directe de la question à laquelle l’on s’attèle, permet d’acquérir une capacité d’être présent dans l’instant ; aptitude qui peut aisément être transposée dans la vie quotidienne. 

♦ Une histoire Zen…
« Un disciple qui pratiquait la méditation depuis un certain temps vint voir Ikkyu, son maître. Comme il pleuvait, il laissa ses chaussures et son parapluie à l'extérieur et entra. Lorsqu'il eut présenté ses respects, le maître lui demanda de quel côté de ses chaussures il avait laissé son parapluie.
Eh bien ! En voilà une question...? Vous ne vous attendez pas à ce que les maîtres posent d’aussi banales questions ; vous vous attendez à ce qu'ils vous questionnent sur Dieu, sur la montée de la Kundalini ou l'ouverture des chakras. Ils doivent poser des questions sur des choses importantes, ésotériques !
Mais Ikkyu a posé une question très ordinaire.
Aucun saint chrétien ne l'aurait posée, aucun moine jaïn ne l'aurait posée, aucun swami hindou ne l'aurait posée. Elle ne peut être posée que par celui qui est vraiment avec Bouddha, en Bouddha ; qui est lui-même véritablement un Bouddha.
Le maître lui demanda de quel côté de ses chaussures il avait laissé son parapluie.
Quel rapport ont les chaussures et les parapluies avec la spiritualité ? Si l'on vous avait posé la même question vous vous seriez senti gêné. Quel genre de question est-ce là ? Mais il y a quelque chose d'une immense valeur dans cette question. Si Ikkyu l’avait interrogé sur Dieu, sur la Kundalini ou sur les chakras, cela n’aurait eu aucun sens.
Le disciple ne se souvenait pas. Qui se donne la peine de se souvenir où il a mis ses chaussures et de quel côté de ses chaussures se trouve son parapluie ; à droite ou à gauche ? Qui s'en donne la peine ? Qui porte tant d'attention aux parapluies ? Qui pense aux chaussures ? Qui est si attentif ? Mais cela a suffit ; le disciple fut refusé. Ikkyu lui dit : Va et médite encore pendant sept ans.
Sept ans ! s'exclama le disciple, rien que pour cette petite faute ?
Ikkyu de répondre : Ce n'est pas une petite faute, les fautes ne sont ni petites ni grandes, simplement tu ne vis pas encore dans un esprit méditatif, c'est tout. Retournes et médite pendant encore sept ans puis reviens. »

« Voici le message essentiel, soyez attentif, vigilant à tout et ne faites pas de distinction entre les choses ; que ceci est futile, que ceci est spirituel. Cela dépend de vous. Soyez alerte, soyez attentif et tout devient spirituel. Ne faites pas attention, ne soyez pas alerte et tout devient quelconque, non spirituel. C'est vous qui transmettez la spiritualité ; c'est votre cadeau au monde.
Lorsqu'un maître comme Ikkyu touche son parapluie, le parapluie est tout aussi divin que n'importe quoi peut l'être. L'énergie méditative est alchimique, elle transforme le métal vil en or pur, elle transforme sans cesse le vil en noble. En dernier lieu, tout est divin. Ce monde ci est le paradis et ce corps ci est le bouddha.
Faites les petits actes de la vie dans une vigilance détendue. Lorsque vous mangez, mangez totalement, mâchez totalement, goûtez totalement, sentez totalement. Touchez votre pain, sentez-en la texture ; sentez le pain, sentez-en la saveur, mâchez le, laissez le se dissoudre en vous et restez conscient. Alors vous méditez, alors la méditation n'est pas séparée de la vie.
Chaque fois que la méditation est séparée de la vie, quelque chose est faux ; cela devient le contraire de la vie. Alors l'on pense à aller dans un monastère ou dans une grotte de l'Himalaya, l'on voudrait s'échapper de la vie, parce que la vie paraît nous distraire de la méditation.
La vie n'est pas une distraction, elle est une occasion pour la méditation.»

Osho, extrait de : Take it Easy
Entretien 26 – A Way of Life